En juillet 2015, une délégation de journalistes d’Hétéroclite s’est rendue à la Pride de Brighton, l’une des plus importantes d’Europe. Voici leurs impressions…


 

Brighton Pride heteroclite

 

«Se palucher avant la Pride de Brighton, c’est comme manger un KFC avant de dîner chez Jamie Oliver». Le sage auteur de ce dicton ne sera pas dénoncé ; le citer permet néanmoins de saisir l’excitation qui gagne notre groupe de Froggies, cuisses à l’air sur le ferry…On parle un peu du Roi Lear vu au Festival d’Avignon (une partie de l’intrigue se déroule à Douvres, où nous nous apprêtons à débarquer), de l’actualité tragique (un migrant soudanais a été tué la nuit dernière en tentant de traverser le tunnel sous la Manche), mais les conversations culturelles et politiques de rigueur s’épuisent à l’approche de la côte anglaise. En effet, direction la Pride de Brighton, l’une des plus importantes en Europe, dont c’est le vingt-cinquième anniversaire. Petite revue des réjouissances et des ratés.

 

Les tops :
• le défilé : ne participent au cortège que des groupes inscrits et préparés. Le public observe et applaudit sur les côtés. Près de quatre-vingt-cinq chars se succèdent, dans une atmosphère à la fois militante et décontractée : pom-pom girls and boys, scouts, banques, association de soutien aux malades d’Alzheimer, bars, club de roller derby, pompiers, furries… L’absence de mot d’ordre n’empêche pas une visée politique forte : bien plus que la tolérance, c’est la valorisation des identités multiples qui est revendiquée.
• le Preston Park, à l’arrivée du cortège, qui rassemble, sur plusieurs hectares, manèges, dancefloors sous chapiteaux et stands associatifs. On y boit des cocktails «Dancing Queen», on y écoute des reprises par des lesbiennes de Depeche Mode au ukulélé, on se livre à des battles de hula hoop (que nous remportons fièrement, nous baptisant pour l’occasion le Kinky Donuts Band).
• quand des membres de la chorale gay de Brighton entonnent La Vie en rose devant le Doctor Brighton (l’un des plus anciens pubs de la ville) pour saluer la présence des Frenchies.
• un amour de vacances avec un ancien chauffeur de métro londonien, francophile et membre de la chorale gay de Brighton. Les shortbreads (petits biscuits sablés originaires d’Écosse) en forme de cœurs qu’il a préparés.
• le décalage horaire, dont on ne prend conscience qu’à la fin de la première journée et grâce auquel nous gagnons une heure de maquillage avant la soirée.

 

Les flops :
• l’aménagement feng shui de notre logeuse, Dune. Rien que des coussins et des paillasses au sol pour s’installer : nous voilà obligés de nous lever pour profiter de la vue à travers la bow window.
• ne pas profiter des concerts (Hercules and Love Affair, Fatboy Slim…) parce qu’habitués aux formats plus humbles de nos Marches des Fiertés, nous avons mal géré l’effort et l’énergie.
• l’alerte à la bombe. Nous buvions tranquillement du blanc en terrasse sur le parcours du défilé, lorsque nous avons réalisé que celui-ci avait été modifié. En effet, un colis suspect avait été trouvé.
• la débandade du samedi soir, quand nous réalisons que nous ne pouvons pas accéder au quartier de Saint James Street. La veille, nous avions pourtant été invités par des compagnons de comptoir à acheter nos bracelets, précieux sésames permettant de rejoindre les festivités. Mais en champions de la procrastination que nous sommes et ne soupçonnant pas qu’un quartier puisse être véritablement fermé, nous avions retardé l’opération. Un conseil : procurez-vous avant ou dès votre arrivée votre pass pour l’après-midi au Preston Park et pour la soirée dans Saint James Street.

 

www.brighton-pride.org

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