Alors que les régions Auvergne et Rhône-Alpes fusionneront au 1er janvier, les élections régionales des 6 et 13 décembre pourraient bien aboutir à un changement de majorité. Quelles conséquences pour les associations LGBT et féministes ?

 élections régionales 2015 hotel de region rhone alpes auvergne lyon credit Erick SailletTriste campagne électorale qui s’achève en Rhône-Alpes-Auvergne, sur fond d’attentats terroristes et de nouvelles mesures sécuritaires. Une campagne pour les élections régionales essentiellement négative, où chaque camp aura tenté de capitaliser sur le rejet de l’adversaire pour mobiliser ses propres troupes : la droite et le Front national en misant sur l’impopularité du gouvernement, la gauche en agitant Laurent Wauquiez et l’extrême-droite comme des épouvantails.

En ce qui concerne les thématiques LGBT, les enjeux ne sont évidemment pas les mêmes que pour une élection présidentielle ou législative. Les régions peuvent toutefois être des acteurs importants de la lutte contre les discriminations et les stéréotypes ou en faveur de l’égalité femmes-hommes. Cela passe par exemple par la formation des agents territoriaux, par des campagnes de communication ou un soutien aux associations de terrain.

Il faut ainsi porter au crédit de la majorité régionale sortante (socialiste, écologiste, communiste et radicale) des initiatives telles que la Quinzaine de l’Égalité Femmes-Hommes (instaurée en 2011 et depuis reconduite chaque année au mois d’octobre) ou un «Pass contraception-prévention» gratuit et destiné aux jeunes. Jean-Jack Queyranne promet ainsi de «lutter contre toutes les formes de discriminations» et de «promouvoir l’égalité femmes-hommes», sans plus de précisions, sur son site de campagne.

Numéro de charme auprès de La Manif Pour Tous

Sur celui de Laurent Wauquiez, le sujet n’est pas abordé. En revanche, le candidat soutenu par Les Républicains, le Modem et l’UDI s’engage à «recentrer les subventions sur les actions d’intérêt général» de façon à réaliser 104 millions d’euros d’économie sur l’ensemble du mandat (ce qui représente plus d’un tiers des économies promises). Les subventions accordées aux associations LGBT, de lutte contre le sida ou pour le contrôle des naissances vont-elles dans le sens de «l’intérêt général» tel que l’entend Wauquiez ?

On peut en douter après le numéro de charme auquel il s’est livré devant La Manif Pour Tous, début novembre à Lyon. Pendant quarante minutes, tout en restant très flou sur les mesures qu’il compte mettre en œuvre s’il est élu à la tête de la Région, il a rappelé qu’il était toujours favorable à l’abrogation du mariage pour tous et a dénoncé les menaces qui planent selon lui sur «notre conception séculaire de la transmission et de la façon dont l’être humain lui-même a été créé».

Derrière cette opération séduction, on ne peut toutefois pas exclure qu’il soit amené, en cas d’élection, à mettre de l’eau dans son vin et à conserver une partie au moins du bilan de la majorité sortante, en maintenant certaines actions et certaines subventions aux associations LGBT et féministes. Quel-le que soit le ou la futur-e président-e de Rhône-Alpes-Auvergne, il ou elle devra, de toute façon, composer avec la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales : une austérité subie qui relativisera forcément les différences entre les programmes des un-e-s et des autres.

 

Élections régionales, dimanche 6 et 13 décembre

 

Photos : Hôtel de Région Rhône-Alpes à Lyon © Erick Saillet

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