Pour la première fois en France, un documentaire dépeint la vie d’enfants transgenres. Devenir il ou elle a été diffusé sur France 5 mardi 10 janvier et peut être visionné en replay jusqu’au 17 janvier sur Pluzz.fr.

Pendant plus d’une heure, la réalisatrice de Devenir il ou elle, Lorène Debaisieux, nous emmène dans le quotidien d’adolescents en pleine transition. On y découvre comment ces jeunes se dirigent petit à petit vers une libération. Dans la bulle familiale ou dans le domaine médical, cette immersion permet aussi de comprendre le retard des structures mises en place en France par rapport à d’autres pays, comme les Pays-Bas.

Entre la France et les Pays-bas, nous rencontrons cinq enfants : les Français Lucas (15 ans), Léna (17 ans) et Elena (18 ans) et les Néerlandais Bas (15 ans) et Connor (17 ans). Une première présentation permet de comprendre le rapport de ces jeunes à leur identité. Le cadre familial et social est la première étape d’une transformation et on constate qu’en France, les mentalités évoluent plus lentement qu’aux Pays-Bas. Elena, par exemple, n’a pu faire son coming-out trans que très tard, ce qui l’a rendu encore plus difficile. Lucas et Léna, eux, ont eu la chance d’avoir été accompagnés par au moins un membre de leur famille.

Malgré cela, la réalisatrice n’élude pas les maladresses, toujours présentes, dans les foyers. De l’acceptation du pronom « il » ou « elle » au changement de prénom, la transition est toujours freinée par ces bévues du quotidien. L’enfant n’est souvent pas écouté comme il devrait l’être. Aux Pays-Bas en revanche, on découvre des familles accompagnant l’enfant de A à Z, en faisant passer sa parole avant toute chose. Cette évolution est grandement aidée par des structures adaptées. Si la France commence à évoluer en proposant de nouveaux dispositifs (comme la prise d’hormones inhibant la puberté), les Pays-Bas ont opté depuis longtemps pour une réelle écoute de l’enfant dès le plus jeune âge.

Une évolution impossible sans un changement de mentalité

Ce qui frappe dans Devenir il ou elle, c’est le bien-être des enfants une fois la transition sociale passée. On constate que plus les enfants ont entamé celle-ci tôt, plus ils sont libérés et peuvent enfin se sentir eux-mêmes. C’est pour cela que le retard français choque dès les premières minutes. Elena, par exemple, n’a pu se découvrir que très tard. Même après avoir compris qu’elle était transgenre, rien n’a été fait pour l’accompagner. Elle n’a d’ailleurs toujours pas de réel contact avec sa famille depuis son coming-out trans, même si elle a pu entamer sa transition après avoir rencontré une association.

Chez les Néerlandais, les personnes trans peuvent être aidées beaucoup plus tôt. Bas a compris très jeune qu’il était trans, ce qui lui permet d’être accompagné immédiatement. On découvre ainsi un garçon de quinze ans totalement assumé, qui attends seulement une transformation physique pour tourner réellement la page.

Quelques maladresses mais un propos captivant

« Devenir » il ou elle : le titre du documentaire et plusieurs formulations restent parfois maladroites et entrent en contradiction avec la parole des enfants, qui expliquent simplement que ce n’est pas leur identité qui a changé mais leur apparence. Ils ne sont pas devenus « il » ou « elle », mais l’ont toujours été. C’est seulement leur corps qu’ils ont du faire évoluer et adapter selon leur caractère. Ce genre de petites maladresses placent parfois l’enfant dans une situation qui n’est pas la sienne et peuvent renvoyer une mauvaise image. Cependant, on comprend très facilement que ce documentaire est fait pour accompagner un réel changement de mentalité et n’en reste pas moins captivant.

 

Devenir il ou elle, à voir en replay jusqu’au 17 janvier sur Pluzz.fr

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