Cette année encore, les Subsistances profitent du retour du printemps pour proposer un week-end de création pluridisciplinaire, novateur et exigeant : Avril en vrille, sous-titré, pour cette deuxième édition, «Ça manifeste».

Comme la précédente édition, qui mettait à l’honneur la création underground américaine en partenariat avec le festival American Realness, le week-end Avril en vrille 2017 poursuit sa réflexion autour des normes avec une sélection de spectacles parcourant le spectre des arts de la scène, du théâtre au cirque en passant par la danse. Ainsi, les Subsistances accueilleront Aglaé, spectacle créé en novembre 2016 par Jean-Michel Rabeux. Dans ce seule-en-scène, la comédienne Claude Degliame incarne le personnage éponyme, une prostituée gouailleuse âgée de 70 ans qui revient sur sa vie et son métier.

Issu d’un témoignage réel, le spectacle refuse de porter un regard misérabiliste sur le parcours d’Aglaé mais montre au contraire une femme libre de ses choix, confrontée aux difficultés de la vie comme tout à chacun-e et fière de ce qu’elle a accompli. Dans une langue crue, souvent drôle, Aglaé sort la prostitution de la victimisation dans laquelle ses opposants aimeraient la cantonner et permet d’entendre les premières concernées.

avril en vrille

Parcours de femmes artistes

La parole sera également donnée aux femmes dans Après-coups, projet un – femme 2 de Séverine Chavrier. À la tête du Centre dramatique national d’Orléans depuis le 1er janvier, la metteure en scène a longuement étudié la littérature, la philosophie et la musique avant de devenir comédienne. Sa pièce, créée dans une première version en 2015, se fait l’écho de cette pluridisciplinarité en combinant texte, musique et vidéo.

Pour répondre à la vaste question de ce que c’est qu’être une femme en général et une femme artiste en particulier, Chavrier a fait appel à trois circassiennes passées par le Centre national des arts du cirque : la Palestinienne Ashtar Muallem, la Cambodgienne Voleak Ung et la Danoise Cathrine Lundsgaard Nielsen. Chacune riche de sa propre culture et de son propre vécu, les trois interprètes tentent de rendre compte de leur trajectoire souvent faite de luttes et de dessiner «une carte du violent», comme les Précieuses du XVIème siècle dessinaient une carte du Tendre. Loin des clichés, Avril en vrille donne donc cette année à voir des parcours de femmes divers et variés qui mettent à mal toute approche monolithique de la notion de féminité

Avril en vrille, du 30 mars au 2 avril aux Subsistances, 8 bis quai Saint-Vincent –Lyon 1 / 04.78.30.37.72 / www.les-subs.com

Photo à la une : Claude Degliame en Aglaé © Alain Richard

Photo 2 : Après coups de Séverine Chavrier ©Alexandre Ah-Kye

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