L’exposition Los Angeles, une fiction réunit 34 artistes et 84 écrivains au Musée d’Art Contemporain de Lyon pour mettre en lumière la beauté et les méandres de la cité des anges.

La ville mythique de Los Angeles est mise à l’honneur pendant quatre mois par le Musée d’Art Contemporain (MAC) de Lyon. Cette mégapole réputée pour son mode de vie glamour et déjanté, son climat paradisiaque et son industrie du cinéma est décortiquée, analysée, interprétée par 34 artistes et 84 écrivains. Au fil des années, elle a accédé au rang de mythe grâce à l’imagerie, à l’utopie et au rêve qu’elle véhicule, si bien qu’il devient très difficile de dissocier la réalité de la fiction. Los Angeles est un laboratoire artistique, entre splendeur et misère. Elle s’impose comme une alternative à New York. Elle est à la fois locale et mondiale, un mélange de singularité et d’internationalisme.

Les artistes et écrivains s’attaquent ainsi à (dé)construire le mythe à travers leurs arts. Les œuvres cinématographiques, picturales et littéraires sélectionnées se font écho les unes aux autres. Los Angeles est tour à tour questionnée, remise en question ou sublimée. La légèreté devient un aspect tragique et le glamour un symbole de déliquescence de la ville.

Des artistes gays, lesbiennes ou queers à foison

L’exposition rassemble un grand nombre d’artiste gays, lesbiennes ou queers. C’est le cas de la photographe Catherine Opie, qui a passé vingt ans à photographier des couples lesbiens et transgenres, comme l’illustre sa photo Bo From Being and Having, sur laquelle une femme porte une moustache. On pourra voir aussi des œuvres du réalisateur underground américain Kenneth Anger, connu pour ses films occultes et homo-érotiques.

Le MAC mettra aussi à l’honneur le peintre pop art anglais David Hockney et sa peinture Two Men In A Shower (1963), qui représente deux hommes corps à corps sous la douche. Le réalisateur gay Todd Haynes (dont le premier film, Poison sera projeté jeudi 9 mars à 19h à l’Institut Lumière dans le cadre du festival Écrans Mixtes) sera représenté, ainsi que l’artiste américain Alex Israel, fervent militant de la cause LGBT dans l’État hébreu. Les écrivains gays et lesbiennes sont également très nombreux, comme Christopher Isherwood, l’auteur de Christopher et son monde et de Un homme au singulier (l’adaptation cinématographique de ce dernier roman par Tom Ford, A Single Man, sera d’ailleurs projeté jeudi 9 mars à 19h15 au Comoedia).

On pourra retrouver également des écrits de l’historienne Jan Morris, qui a fortement contribué à la construction des genders studies ou du sulfureux poète beat Gary Snyder. L’exposition rappelle ainsi que Los Angeles a été, à travers ses artistes, l’officine de la contre-culture américaine et plus précisément le fer de lance d’une partie de la communauté LGBT et queer aux États-Unis.

Los Angeles, une fiction du 8 mars au 9 juillet au Musée d’Art Contemporain de Lyon, 81 quai Charles de Gaulle-Lyon 6 /  04.72.69.17.17 / www.mac-lyon.com

 

Photo à la une: Ed Ruscha, The Back of Hollywood, 1977.

Photo 2 : Catherine Opie, Bo from Being and Having, 1991.

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