Dans votre portefeuille, votre carte de fidélité Decathlon a une place plus prestigieuse que la photo de votre grand-mère maquisarde décédée dans le Vercors ? Pour vous, FIP n’est pas une radio mais le Festival International du Parapente ? Vous ne sortez jamais sans votre polaire Quechua et votre mousqueton vous sert de porteclé ? Alors, la quichua devrait vous donner suffisamment d’énergie pour assouvir votre passion pour «la grimpe» et crapahuter comme un cabri.

 

Votre sac à dos 60l (que vous ne quittez jamais, même en soirée), vous garnirez de :

– 800g de cresson
– 400g de noix de Grenoble
– 200g de bleu de Sassenage
– 30cl de crème fraîche épaisse
– 5 œufs
– 50cl de lait
– 200g de farine (complète : un gain d’énergie pour porter 8 Bolinos en plus dans votre sac de rando)
– 150g de beurre doux

Préparation mentale :

Retirez votre polaire et revêtez votre tablier. On ne vous empêche pas d’écouter du Calogero (moins réservé sur ses origines siciliennes que grenobloises, mais cela ne nous a pas échappé) tout en cuisinant mais, vu la simplicité d’exécution de la recette, vous pouvez vous permettre une écoute plus exigeante. Un podcast radiophonique sur la vie et l’œuvre de Frison-Roche devrait vous élever et vous conduire tout autant «en apesanteur». Préchauffez votre four à 220°C. Faîtes dorer votre cresson dans une sauteuse avec un fond d’eau et un peu d’huile d’olive pendant une dizaine de minutes, soit le temps nécessaire pour préparer votre pâte. Lorsque le cresson est cuit, égouttez-le dans une passoire.

La pâte :

Mixez 150g de noix, ajoutez 150g de farine et le beurre pommade (c’est-à-dire ramolli à l’air libre gonflé de particules fines), salez, poivrez et malaxez jusqu’à ce que le mélange devienne sableux. Mouillez avec 10cl de lait, pétrissez de nouveau et étalez votre pâte au fond de votre moule avec vos petites paumes abîmées par vos cordages.

La quiche :

Mélangez les œufs, la crème et le reste de lait. Salez, poivrez. Étalez votre cresson sur votre fond de pâte, ajoutez le reste de noix entières et le bleu coupé en morceaux. Versez votre appareil. N’espérez pas que «les secondes soient des heures», car un timing précis est ici requis : enfournez à 220°C pendant 15mn, puis baissez à 200°C pendant 35mn.

Dégustation :

Allez, vous avez le droit de remettre votre polaire pour partir en rando. Oubliez les Bolinos et emballez votre Quichua. Bientôt, vous la dégusterez «face à la mer»…de nuages, façon Caspar Friedrich. L’élévation métaphysique provoquée par le paysage ne devrait pas être ternie par la trivialité de la dégustation… sauf si un petit chapardeur de chamois vient croquer dans votre Quichua et rompre cette sublime communion. Dans ce cas, siffloter un couplet de Calogero devrait le faire déguerpir à la vitesse de votre fermeture-éclair.

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