« Le Théâtre et les Arts n’ont pas de frontières » : c’est par ces mots, non dénués d’arrière-pensée politique, que Marc Lesage, directeur des Célestins, Théâtre de Lyon, accueille la presse pour présenter avec sa co-directrice Claudia Stavisky la saison 2017-2018, deux jours seulement après le second tour de l’élection présidentielle.

La diversité et la culture foisonnante seront donc les maîtres-mots de la saison 17-18 des Célestins. Le Théâtre accueillera plus d’un tiers d’artistes venus de l’étranger, tous concernés par les drames qui touchent notre monde, dans des spectacles engagés et percutants. Voici ceux que nous avons choisi de mettre en avant, de part les sujets qu’ils abordent, comme l’homosexualité ou la prostitution.

Quand des prostituées occupaient l’Église Saint-Nizier

En 1975, des prostituées, pour protester contre le traitement qui leur était infligé, décident d’occuper l’Église Saint-Nizier à Lyon. Loveless, dans ce décor, donne la parole à six femmes qui nous racontent leur vie avec franchise, brutalité et beaucoup d’humour. Adapté du livre Une vie de putain, de Claude Jaget, cette pièce mise en scène par Anne Buffet et Yann Dacosta, traite de la prostitution sans aucun jugement et avec beaucoup de tendresse. Loveless casse ici les clichés qui entourent une des professions les plus marginalisées. À voir du 14 au 24 mars 2018.

Deux spectacles de Copi

En plus de proposer Eva Perón, le metteur en scène Marcial Di Fonzo Bo reprend une autre œuvre de Copi, L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer. Le spectacle oppose trois personnages : la jeune Irina, sa professeur de piano Madame Garbot et Madre, les deux dernières se disputant la première. Cette pièce est une vertigineuse confusion quant à la différence des sexes et au désir, où les trois personnages, tantôt femmes, tantôt hommes, forment un triangle amoureux mouvant. Les protagonistes vivent en réalité l’exil de leur propre sexe, qui les a contraint à fuir le monde hostile jusqu’en Sibérie. Du 16 au 18 novembre 2017 aux Célestins.

Lilli ou Heiner ?

Dans une Allemagne divisée, Lilli est une jeune sportive est-allemande de haut niveau. Contrainte par le « service de la médecine sportive » de se doper aux hormones masculines, elle se métamorphose peu à peu et devient un homme, Heiner. Ce dernier voudrait ainsi pouvoir choisir librement sa façon de vivre, son identité, mais c’est sans compter sur le pouvoir autoritaire allemand de l’époque… Dans la peau du monstre, du 3 au 14 octobre 2017 à la Célestine.

Deux autres pièces à voir

Clément Hervieux-Léger met en scène Le Pays lointain, écrit par Jean-Luc Lagarce, un des auteurs contemporains les plus joués en France et mort du sida en 1995. Cette pièce est en quelque sorte une deuxième version d’une autre œuvre du dramaturge, Juste la fin du monde (repris au cinéma par Xavier Dolan en 2016), et raconte l’histoire du retour aux sources d’un homme, venu annoncer sa mort à sa famille. Du 24 au 28 avril 2018.

Après la Comédie de Saint-Étienne, Pierre Maillet a choisi Lyon et les Célestins pour présenter La Cuisine d’Elvis. Cette pièce nous plonge dans l’univers d’une famille anglaise dont le père, grand fan d’Elvis Presley, est en fauteuil roulant. On retrouve aussi sa fille obsédée par la nourriture et sa femme, assoiffée de sexe et d’alcool, qui s’éprend de Stuart, un beau jeune homme venu dévaster la tranquillité familiale. À voir du 11 au 21 janvier 2018.

 

Photo de Une : Loveless © Arnaud Bertereau – Agence Mona

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *