Avec Sons of Sissy, Simon Mayer propose une réinterprétation des danses folkloriques des Alpes autrichiennes dépouillée de tout conservatisme.

Ancien membre du ballet de l’Opéra de Vienne parti faire des entrechats auprès d’Anne Teresa de Keersmaeker, Simon Mayer présente sa nouvelle création, Sons of Sissy, au Festival des 7 collines. Natif d’Autriche, ce danseur, chorégraphe et musicien est donc un enfant de Sissi… l’impératrice, immortalisée à l’écran par Romy Schneider et dont les films, récupérés non sans ironie par la culture gay, illuminent encore nos écrans et nos cœurs chaque Noël. Les performeurs, musiciens et danseurs de son dernier spectacle, quant à eux, sont des fils de Sissy… mais avec un «y», c’est-à-dire, en anglais, des fils de chochotte.

Tous à poil !

Et c’est sur cette ambigüité orthographique que va se construire Sons of Sissy, qui se donne pour ambition de queeriser le patrimoine autrichien en s’emparant des musiques traditionnelles folkloriques et des codes de la danse homme-femme avec irrévérence, modernité et humour. Sur scène, pas de robe meringue ni de short tyrolien, même en queer. Tout le monde est à poil ou le plus sobrement vêtu !  C’est la première entorse à la tradition vestimentaire des Alpes autrichiennes, cousue de froufrous, de robes en drap de laine, de chemises, de châles, de bonnets, de tabliers (et oui : à la montagne, mieux vaut se couvrir !). Alors que ces coiffes et ces broderies jamais exactement similaires permettent aussi aux habitants de la moindre vallée d’affirmer leur singularité, la nudité que met en scène Simon Mayer peut à l’inverse évoquer un folklore utopique, universel, qui affirme une volonté de non-appartenance à une seule terre.

La musique est elle-même dénudée : pas de long cor des Alpes phallique sur scène mais quelques instruments (violons, cordes, accordéon), qui laissent souvent place à de la percussion, aux talons qui claquent. Chaque pas est alors un rythme et le corps tout entier devient un instrument percussif. La pudeur et les codes attendus sont remplacés par l’instinct, la brutalité et l’animal. Quant au jeu social (et galant) qu’induisent les danses folkloriques autrichiennes (rondes, duos…),  il se passe ici de femmes : les hommes sont entre eux, se caressent la barbe et le visage avant de s’inviter pour quelques pas…  bien éloignés de ceux de Sissi sur La Valse de l’Empereur !

 

Sons of Sissy, mardi 4 juillet au Firmament, 2 rue Dorian-Firminy / 04.77.32.54.13
www.festivaldes7collines.com

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