Parce que la saison des fêtes est aussi celle de la rediffusion en boucle sur toutes les chaînes de télé de l’intégrale des aventures de la princesse Sissi, et en écho à la programmation princière de l’Opéra de Lyon, nous avons exceptionnellement réveillé le Lorànt Deutsch qui sommeille en nous et sacrifié au rituel réactionnaire de vénération des têtes couronnées.

Petits garçons, nous rêvions tous d’être une princesse étincelante dans sa robe immaculée. Mais aujourd’hui que nous sommes grands (et toujours aussi peu virils), laquelle préférons-nous ?

 

Angélique

Quoi, Angélique n’est «que» marquise, et pas princesse ? Petit rappel pour les sans-cœur et les moins de trente-cinq ans : Angélique – Michèle Mercier à l’écran – est une créature fictive du XVIIe siècle, mariée à Joffrey de Peyrac, moche au grand cœur que le méchant Louis XIV jalouse. Du coup, il le fait embastiller et brûler en place de Grève. Mais Angélique refuse de croire à la mort de son époux et va parcourir le monde à sa recherche, s’envoyant en l’air avec tout un tas d’inconnus mais gardant son petit cœur fidèle à son cher Joffrey. Alors, c’est pas la plus gay des princesses ? Donc, si, lors de votre prochain gang-bang, vous vous mettez à hurler «Joffrey n’est pas mort !», c’est que vous aussi, vous êtes devenue une Angélique !

 

 

Marie-Antoinette

Si elle était de ce monde, la tête sur les épaules, on l’adorerait tous et toutes. Parce qu’elle s’ennuierait avec son relou de mec à la maison, elle viendrait danser toute la nuit avec ses copines aux Arm Aber Sexy. Elle y rencontrerait certainement un amant, un étudiant suédois en Erasmus nommé Fersen. On serait ensuite les premier·es à se ruer dans son petit Trianon pour l’after. Et toujours, on compterait sur sa grande générosité. Au petit matin, à court de MD ? «Qu’ils mangent du GHB !».

 

 

 

Agrippine

On dit d’Agrippine que c’était une comploteuse, une empoisonneuse, une intrigante agrippée au pouvoir. Mais on oublie bien vite qu’en tant que descendante directe d’Auguste, son rang de princesse impériale a permis de légitimer le pouvoir de trois empereurs romains : son frère Caligula, son époux Claude et son fils Néron. Bannie et trahie par ceux-là-mêmes qu’elle a aidés à monter sur le trône, avait-elle d’autres choix que la séduction et l’inceste, elle à qui le pouvoir était interdit par sa condition de femme ? Thatcher, Merkel et Claire Underwood peuvent lui dire merci.

 

 

Élizabeth II

Puisque c’est l’heure des confessions et de l’autocritique, avouons-le le front emperlé de honte : c’est peut-être dû à notre côté gérontophile ou Stéphane Bern, mais à nos yeux, elle en jette, Mamie Gâteau. Babette deuxième du nom, 91 ans aux prunes, c’est un peu la grand-mère qu’on rêverait tous et toutes d’avoir, et pas seulement à l’heure de l’ouverture du testament. Son increvable altesse nous impressionne par sa longévité et sa collection de chapeaux exubérants et de tenues chamarrées à faire rosir d’envie n’importe quelle candidate de RuPaul’s Drag Race. Et lorsque, comme en juin dernier, elle se décide enfin à dénoncer les discriminations basées sur l’orientation sexuelle dans son fameux «discours du trône» annuel, on en viendrait presque à oublier pour un court instant que la Queen est elle aussi mouillée dans le scandale des Panama Papers…

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