Il faut aimer les secrets pour aimer Liebmann. Et les mystères aussi. Et les films qui ne se dévoilent pas dans leurs premières images. Il faut aimer les hommes blessés, et taiseux, les hommes qui se protègent comme ils peuvent, mal parfois, et qui tentent de se reconstruire, souvent maladroitement.

Il faut aimer les hommes imparfaits et les films itou, les films bancals, mais vibrants, les hommes désorientés et les films qui n’ont pas peur de se perdre. Liebmann, un nom propre où l’on entend Amour et Homme, le nom d’un professeur allemand quadragénaire qui débarque un beau jour en France pour un été, quelques semaines, quelques mois, pour se reconstruire après un traumatisme dont on ne saura rien avant un moment.

Dans cette campagne si sereine, des meurtres pourtant ont lieu régulièrement. On cherche un tueur en série. Antek Liebmann, lui, cherche la paix. Le jour, il y parvient ; la nuit, les cauchemars le réveillent. Il s’installe peu à peu, se crée des amitiés, une jolie voisine le drague, mais c’est dans les bras d’un charmant client de la brocante où il bosse (Fabien Ara) qu’il se love. Va-t-il retrouver le sens de sa vie ? Le passé ne se chasse pas si facilement…

Le premier long-métrage entre chien et loup de la réalisatrice Jules Herrmann ne se laisse pas aisément saisir. Il ne cesse de bifurquer, de passer du soleil à l’ombre, d’une narration presque classique à des expériences arty comme cette conclusion stupéfiante qu’il nous réserve. Il ne cesse de glisser entre nos doigts. C’est quelquefois déroutant, ce n’est pas toujours abouti, mais cela ne manque jamais d’élégance et d’originalité. Cela tient en grande partie à la présence de Godehard Giese, acteur puissant qui sait rendre parfaitement les tourments de Liebmann, ses changements d’humeur, ses jours et ses nuits contrastés. À l’image de ce personnage, Liebmann est un film fragile, un peu étrange, profondément attachant.

 

Liebmann de Jules Herrmann, avec Godehard Giese, Fabien Ara, Adeline Moreau…

Sortie le 3 janvier au cinéma Saint-André des Arts, 30 rue Saint-André des Arts – Paris 6

Disponible en DVD (sous le titre L’Été mystérieux) chez Optimale

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