Laurent Brethome, comédien et metteur-en-scène formé à l’École de la Comédie de Saint-Étienne et dont le public lyonnais a pu notamment apprécier Les Fourberies de Scapin ou plus récemment Riquet, revient dans la Capitale des Gaules avec sa dernière création, Margot, tirée d’une pièce de Christopher Marlowe, Massacre à Paris.

Cette œuvre du contemporain de Shakespeare, bien qu’elle n’ait été que rarement montée depuis la mise en scène de Chéreau en 1972, est néanmoins bien connue du grand public grâce à l’adaptation cinématographique qu’en a proposé ce même Chéreau en 1993, La Reine Margot, avec Isabelle Adjani dans le rôle-titre.

En 1593, un an après Édouard II, pièce évoquant l’homosexualité du monarque anglais du XIVème siècle, Marlowe écrit Massacre à Paris, œuvre relatant le rôle joué par le Duc de Guise dans le massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572. Ce sinistre épisode français des guerres de religion qui secouaient alors l’Europe coûta la vie à nombre de protestants, au lendemain du mariage de la catholique Marguerite de Valois au huguenot Henri de Navarre.

Dramaturgie inversée

À bien des égards, cette pièce renverse le point de vue du spectateur : cet événement français, vu par un Anglais, bénéficie d’une dramaturgie que l’on pourrait qualifier d’inversée. En effet, le massacre en lui-même, point culminant de l’horreur et dénouement attendu de l’action, occupe majoritairement le début de la pièce.

Fidèle à cet esprit, Brethome propose donc une mise-en-scène éclatée, hors-norme et inhabituelle. L’action se déroule à la fois sur la scène et dans la salle. Des  spectatrices et spectateurs sont installés sur le plateau, le début de la pièce et l’arrivée du public ne sont pas clairement distincts. Les repères sont mis à bas et le chaos règne. À la sauvagerie et à la violence s’oppose la figure de Margot, femme de lettres éclairée, protectrice des poètes et notamment de Clément Marot. Dans ce bouleversement, le public est alors invité à s’interroger sur l’origine de la barbarie et sur la manipulation de pulsions cruelles individuelles par le pouvoir en place.

 

Margot, du 17 au 24 janvier aux Célestins, 4 rue Charles Dullin-Lyon 2 / 04.72.77.40.00 / www.theatredescelestins.com

 

Photos © Philippe Bertheau

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