Cette année, l’une des meilleures raisons de fréquenter le festival Nuits Sonores se cache derrière les contours lourds de souvenirs apocalyptiques d’un acronyme excitant et mystérieux : AZF.

AZF, comme l’usine toulousaine qui, il y a déjà seize ans, fut ravagée par l’explosion d’un important stock de nitrate d’ammonium – bilan : 31 morts, 2 500 blessés et d’innombrables dégâts matériels. C’est désormais le nom de l’une des Dj’s les plus en vue de la capitale. Mais aussi l’une des plus en ouïe, si l’on peut dire – peut-être pas à 80 kilomètres à la ronde, mais pas loin. Agent immobilier ayant cédé à l’appel des sirènes industrielles, AZF s’est en effet bâtie en l’espace de deux-trois ans une jolie petite réputation de démolisseuse, à la force de sets tous plus acides, sombres et métalliques les uns que les autres.

Son explosion à elle date du 25 avril 2016 quand, invitée par le débonnaire Teki Latex à une session Boiler Room made in Paris, elle a manqué de la faire surchauffer. Le tout, en étant vêtue d’un combiné hoodie/bombers des plus austères. Là aussi réside sa force : lesbienne habitée par l’esprit du Pulp, AZF entend se faire une place dans le petit monde phallocentrique des maçons du dancefloor sans se couper de ses racines underground (qu’elle déterre chaque jeudi à la Java ou sur Rinse FM) et, surtout, sans abattre la carte du charme (au contraire d’une Nina Kraviz, qui en a plein les manches). On la prédit de la taille d’un cratère, forcément.

 

AZF, invitée de la Nuit 3 de Nuits Sonores, vendredi 11 mai aux anciennes Usines Fagor-Brandt, 59 boulevard de l’Artillerie-Lyon 7 / www.nuits-sonores.com

 

 

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