Mercredi 25 juillet, le groupe norvégien A-ha sera en concert au Théâtre antique de Vienne. De quoi réveiller de vieux souvenirs chez Yannick Mur, qui a décidé de prendre la plume pour écrire au chanteur du groupe, Morten Harket…

Après plus de trente ans, voici enfin l’occasion de vous voir sur scène : toi au chant, Pål à la guitare et Magne aux claviers. Flashback. C’était en 1985, j’avais treize ans quand, au milieu de la pop des années 80, apparaît subitement le titre Take On Me d’A-ha. L’innovation du clip, mêlant vidéo et bande dessinée, séduisait mes potes et faisait l’objet de nombreux commentaires. Si je partageais avec eux un certain enthousiasme musical, je taisais cependant ce qui me troublait le plus : ta voix suave, ton visage angélique doté d’un charme bienveillant. Morten, tu as éveillé en moi les premiers émois érotiques d’une adolescence débutante. Les posters de Madonna qui trônaient sur les murs de ma chambre ont été décrochés et remplacés par les tiens. Je m’endormais avec toi, je me réveillais avec toi.

 

C’était aussi l’époque des premières boums. Après l’incontournable gâteau d’anniversaire trop sec et le jus d’orange qui n’était pas bio, arrivait la série des slows. Épreuve redoutable où la timidité du petit garçon rentre en conflit avec un taux de testostérone en pleine croissance. Alors que la platine vinyle balance les premières notes de votre premier album, Hunting High And Low, je revois Stéphanie s’avancer vers moi pour m’inviter à danser. Impossible de refuser sans passer pour un dégonflé. Je jette un coup d’œil discret à Fred, mon meilleur pote. Avec un sourire et un signe de la tête, il m’engage à accepter. Je danse donc avec Stéphanie. Dans mes fantasmes les plus irréalistes, c’est avec toi Morten que je dansais ce slow, même si je ne pouvais m’empêcher de regarder Fred, seul, appuyé contre le mur. C’est son corps que je voulais enlacer, pas celui de Stéphanie. Mais en 1985, inviter un garçon, ça ne se faisait pas.

La fête terminée, je suis allé chez Fred, on s’est enfermé dans sa chambre et on a réécouté toutes les chansons de l’album. Quand est arrivée la chanson éponyme, Fred m’a demandé ce que ça faisait de danser un slow. Je l’ai donc invité et, dans cette fin d’après-midi magique, avec toi dans les oreilles et Fred dans mes bras, je goûtais au premier baiser avec un garçon.

 

Puis le temps a passé. Trente ans plus tard, je n’ai plus de nouvelles de Fred et toi, avec A-ha, tu as composé une dizaine d’albums que je continue à écouter occasionnellement. Ce soir du 25 juillet à Vienne, je vais enfin te voir et même si tu ne m’entendras pas, je te dirai merci pour m’avoir accompagné durant ces années.

 

A-ha, en concert mercredi 25 juillet au Théâtre antique de Vienne, 7 rue du Cirque-Vienne

Un Réponse à “Cher Morten : lettre d’amour au chanteur de A-ha”

  1. Viviane Soares

    Magnifique lettre!!! Je l’ai aimé aussi Morten et je le l’aime toujours. J’ai grandi avec lui et ses chansons. Je l’ai vu a Carcassonne et moi aussi je l’ai remercié d’avoir rendu ma vie plus douce avec sa voix et ses chansons qui veulent tant dire.
    Amitiés

    Viviane
    Une brésilienne toulousaine

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