Le 1er décembre dernier se sont tenus les traditionnels rassemblements et manifestations à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le VIH/sida. Quelques jours plus tôt, le 27 novembre, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé qu’à partir du 10 décembre, des préservatifs masculins seront remboursés partiellement sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. 

 

Les études ne cessent de démontrer l’efficacité de la Prep sur les taux de nouvelles contaminations. L’amélioration des traitements permet désormais de rendre la charge virale des porteurs du VIH indétectable et d’endiguer la transmission du virus. En 2019, l’association Act-Up Paris fêtera ses 30 ans et il est tentant de regarder le chemin parcouru depuis 1989 d’un œil satisfait. Si les avancées sont significatives, SILENCE égale toujours MORT et la dimension sociale de la pandémie de sida est toujours aussi criante.  

Alors que se tiendra à Lyon en octobre 2019 une réunion des pays les plus riches du monde pour décider de la contribution des États au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de nombreuses associations tirent la sonnette d’alarme sur les inégalités qui touchent aujourd’hui les populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus discriminées face à la contamination. Les stigmates liés au virus n’ont pas disparu. Ainsi, le sida reste encore aujourd’hui la première cause de mortalité chez les femmes de 15 à 49 ans dans le monde. La prévalence du VIH est toujours très élevée chez les hommes gays et bi, les personnes trans, les usagères et usagers de drogue, les travailleur?es du sexe, alors que les moyens pour lutter contre la pandémie n’ont jamais été aussi nombreux et efficaces.  

H139une - edito vih Les plus marginalisé·es en danger

Les inégalités entre pays riches et pays pauvres viennent en premier à l’esprit et sont évidemment significatives. Mais au sein même d’un pays riche comme la France des discriminations et des inégalités perdurent. Ainsi, l’association de santé communautaire lyonnaise, Cabiria, qui travaille avec et pour les travailleurs et travailleuses du sexe, pointe notamment du doigt la loi du 13 avril 2016 qui prévoit la pénalisation des clients (voir p.5) et contraint les travailleur?es du sexe à exercer leur profession dans des conditions toujours plus dangereuses, notamment vis-à-vis de la protection du VIH. Ou encore la loi du 7 mars 2017 qui a entraîné des restrictions à l’accès au droit au séjour pour raisons médicales et une chute de 6% des avis favorables pour les demandes concernant les personnes vivant avec le VIH.  

Aujourd’hui comme au début des années 1980, le VIH/sida continue de tuer les personnes les plus marginalisées et les plus fragiles. Aujourd’hui comme au début des années 1980, la volonté politique et l’argent sont le nerf de la guerre. Aujourd’hui comme au début des années 1980, l’organisation militante et solidaire peut permettre la prise de conscience collective et mener à la fin de la pandémie.  

 

 

 

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© Rebecca Barray / Sarah Fouassier

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