Le prolixe Pierre Maillet, qui a récemment joué A Night With Holly Woodlawn au Lavoir public (Hétéroclite #138) sera début février sur les planches stéphanoises avec sa nouvelle création, Le bonheur (n’est jamais drôle), d’après les scenarii de trois films de Rainer Werner Fassbinder.

 

Plus précisément, Maillet s’appuie sur trois œuvres qui renvoient à la période syrkienne du réalisateur allemand, lorsque ce dernier détournait les codes des mélodrames de Douglas Sirk pour les appliquer à la bourgeoisie allemande des années 1970. Ainsi, dans Le Droit du plus fort, le fils d’un imprimeur en faillite se sert des sentiments de Fox, ancien employé d’une fête foraine qui vient de gagner à la loterie, à son égard pour sauver l’entreprise familiale. Dans Maman sters s’en va au ciel, une femme au foyer se tourne vers un couple communiste et un groupe anarchiste pour réhabiliter son mari qui s’est suicidé après avoir tué le fils de son patron, suite à son licenciement.

Enfin, dans Tous les autres s’appellent Ali, c’est l’amour entre une veuve de 60 ans et un immigré marocain de 20 ans son cadet et les préjugés que cette union soulève qui sont mis en scène. Pour Pierre Maillet, il s’agit non seulement de rendre compte de la portée polémique des ces trois œuvres, qui jouent sur les tabous de la société allemande de l’époque, mais également de l’acuité avec laquelle Fassbinder met en scène les rapports sociaux et dénonce les privilèges de la bourgeoisie. Comme chez Douglas Sirk, derrière la façade mélodramatique qui semble ne s’attacher qu’aux sentiments de quelques personnages se cache une féroce dénonciation de la structure de la société même. « L’impossibilité de trouver l’amour et le bonheur au sein d’une famille bourgeoise » revendiquée comme thème principal ouvre au final une brèche pour remettre en cause un système patriarcal et capitaliste tout entier.  

 

Le bonheur (n’est jamais drôle), du 5 au 7 février à la Comédie de Saint-Étienne, place Jean Dasté-Saint-Étienne / 04.77.25.14.14 www.lacomedie.fr 

 

Tous les autres s’appellent Ali, jeudi 7 février à 14h30 et Maman Küsters s’en va au ciel, vendredi 8 février à 18h30 à la Cinémathèque municipale de Saint-Étienne, 20-24 rue Jo Gouttebarge-Saint-Étienne / 04.77.43.09.95 mediatheque.saint-etienne.fr 

 

© Nicolas Marie

 

 

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