Harcèlement, insultes, appel à son retrait de la compétition de la part d’un sénateur des Républicains, Bilal Hassani subit depuis sa nomination pour représenter la France à l’Eurovision, un déferlement de haine révélateur du système de domination patriarcale. 

Que les choses soient claires : depuis 1974 et la victoire d’ABBA avec le titre Waterloo, plus personne ne s’attend à ce que les candidat·es à l’Eurovision proposent de bonnes chansons. Que les rageux et rageuses de tout poil cessent donc d’utiliser cette excuse pour s’en prendre à Bilal Hassani. Si le chanteur de 19 ans est la cible d’attaques d’une virulence extrême, c’est bien parce qu’il est à la fois queer et d’origine maghrébine. Il n’en faut pas plus pour inquiéter une virilité qui se rêve conquérante mais qui n’est que toxique et ouvrir les vannes à des torrents de haine, provenant de l’extrême droite, de masculinistes de tous bords et bien plus inquiétant encore, des rangs même de la communauté gay. Bonne nouvelle néanmoins : si le représentant de la France à un concours aussi kitch et désuet peut déchaîner de telles passions, c’est que le système patriarcal est particulièrement aux abois. We’re queerwe’re hereget used to it. 

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