La méconnaissance de l’œuvre littéraire de Guillaume Dustan nous motive à découvrir le seul en scène d’Hugues Jourdain, Dans ma chambre, adapté de son premier roman.

Mort en 2005, quelques semaines avant son quarantième anniversaire, Guillaume Dustan reste pour beaucoup ce personnage emperruqué et provocateur aperçu à la télévision sur le plateau de Thierry Ardisson. On se souvient également de lui dans l’inconscient collectif comme du défenseur du bareback à une époque où le préservatif régnait en monarque absolu sur la lutte contre le VIH-sida. Si l’on s’accorde désormais à juger ces polémiques comme l’écume d’une  personnalité complexe et, par bien des égards, fascinante, son œuvre littéraire reste cependant méconnue. C’est donc avec une réelle appétence et un enthousiasme certain que l’on s’apprête à découvrir au Lavoir public ce mois-ci, Dans ma chambre, seul en scène d’Hugues Jourdain, d’après le premier roman de Dustan dont le spectacle emprunte le titre. Publié en 1996, cet ouvrage, largement autobiographique, évoque la vie sexuelle d’un jeune gay parisien séropositif qui se sait condamner.

Dans l’air Dustan
Rédigé dans un style qui n’est pas sans rappeler celui de Bret Easton Ellis,
Dans ma chambre évoque sans fard non seulement les aventures sexuelles du narrateur, littéralement dans sa chambre, mais également la vie du microcosme gay parisien des années 1990, alors que l’épidémie de sida fait rage. C’est ce style très oral, d’adresse directe au lecteur, qui a persuadé Hugues Jourdain, jeune comédien formé au Cours Florent, de transposer ce récit sur les planches. Mais c’est également parce qu’il perçoit, sans doute à juste titre, la capacité de Dustan à parler encore aux gays de notre époque qu’il s’attelle à ce projet. Et force est de constater que l’héritage de Guillaume Dustan, bien que controversé, se révèle toujours pertinent 14 ans après sa mort. Sa mise en question de la norme, sa recherche éperdue de liberté, son refus du conformisme, nous oblige à regarder aujourd’hui la communauté LGBT sans complaisance et à se demander dans quelle mesure les travers qu’il dénonçait alors n’ont pas pris au final le dessus.  

Dans ma chambre, du 24 au 26 avril au Lavoir public, 4 impasse de Flesselles-Lyon 1 / 09.50.85.76.13 lelavoirpublic.fr 

 

 

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