Londres à l’heure du Brexit est-elle toujours LGBT-friendly ? Sadiq Khan, maire de la capitale britannique, soutient sans ambiguïté les droits des personnes LGBT. Regard sur deux quartiers de la ville qui symbolisent l’histoire et le présent de la communauté LGBT londonienne.   

 

Soho, le berceau 
Dans les années 60, le racolage public est interdit à Londres. Le quartier de Soho, très fréquenté la nuit, devient en quelques années the place to be : on y trouve des bars clandestins, des sex shops et autres bordels, parfois gays. « Historiquement, le quartier de Soho c’est le cœur de la ville gay depuis les années 60. C’est l’ancien quartier rouge, il y a une âme ici ». Tom et Adam sont australiens, ils vivent ensemble non loin de Soho depuis quatre ans.  

À cette époque, l’homosexualité est encore illégale et le restera jusqu’en 1967. Ce crime pouvait alors être puni de l’emprisonnement à vie ou de la castration chimique. En dépit de la légalisation de l’homosexualité, tout a été fait, jusque dans les années 80, pour décourager la communauté LGBT d’exister au sein même du quartier : hausse des loyers, radicalisation des bailleurs, patrouilles illégales de nuit…  

Aujourd’hui, le quartier de Soho reste « le noyau dur de la communauté LGBT avec de nombreuses associations et lieux nocturnes à sensibilité ou ouvertement gays ». Le maire actuel de Londres, Sadiq Khan,  œuvre depuis trois ans pour qu’il soit « extrêmement facile de continuer d’exister pour les lieux LGBT, et extrêmement difficile de fermer ces endroits ». 

En traversant Piccadilly Circus et Carnaby Street, Tom et Adam « s’arrêtent souvent au Balans pour un breakfast des plus typiques ou au Yard ». Quand la nuit tombe, rendez-vous au Comptons of Soho puis à L’Eagle London avec « beaucoup de soirées à thèmes LGBT, une brasserie en plein air et des gens des quatre coins du monde ». Mais pour le côté strass et paillettes, « c’est à l’Est qu‘il faut aller» désormais. 

East Side story 
À cause de la gentrification de Soho, c’est à l’Est de la ville qu’un autre quartier LGBT a vu le jour, considéré comme « plus nocturne ». Anton est un habitué des soirées londoniennes. Selon lui « c’est surement ici que la scène gay londonienne festive est la mieux représentée depuis une dizaine d’années. Le lieu queer de référence, c’est le Glory (tenu par la célèbre drag Jonny Woo). Il y à aussi les soirées Savage du Metropolis où tout le monde se déguise et se lâche ! » 

Le collectif Pxssy Palace, organisateur de soirées LGBT,  a même mis en place un service gratuit de taxis pour les drag-queens. Travis Alabanza, artiste queer réputée, apprécie le geste : « Les drags sont souvent attendues pour mettre de l’ambiance, de l’esthétique ou du bruit dans les boîtes de nuit et personne ne se soucie de comment elles rentrent chez elles ». Une démarche saluée par la « Night Tsarine », Amy Lamé, artiste LGBT choisie par Sadiq Khan en 2016 pour régner sur la vie nocturne et ses nombreux occupants.  

 

Carnet d’adresses :  
Balans, 60-62 Old Compton Street, Covent Garden 

Yard, 57 Rupert Street-London W1D 6HN 

Metropolis, 234 Cambridge Heath Road-London E2 9NN 

The Glory, 281 Kingsland Road- London E2 8AS 

 

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