Inspirée notamment par le documentaire Femmes de la rue réalisé en 2012 par la Bruxelloise Sofie Peeters, Depuis l’Aube (ode aux clitoris) de Pauline Ribat dénonce les violences subies par les femmes dans l’espace public et appelle à porter un nouveau regard sur le corps féminin 

Originaire de Chambéry, c’est à l’âge de 11 ans que Pauline Ribat a débuté le théâtre, dans une MJC, parce qu’elle avait le sentiment qu’à cet endroit précis, la parole était libre et qu’elle serait écoutée sans craindre d’être coupée. Après une formation à Agen puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris de 2006 à 2009, elle entame sa carrière d’actrice et travaille avec plusieurs metteur·euses en scène. Rapidement cependant, il lui apparait être moins libre dans ses choix professionnels qu’elle ne l’était à l’école et s’intéresse à l’écriture pour « retrouver une certaine nécessité ». En 2016, elle se voit proposer une carte blanche pour la journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre. Marquée par le documentaire de la Bruxelloise Sofie Peeters, Femmes de la rue, réalisé en 2012, qui suivait les déambulations d’une femme dans les rues de la capitale belge et les diverses violences et agressions auxquelles cette dernières était confrontée, Pauline Ribat décide d’approfondir le sujet. En recueillant plusieurs témoignages, il lui apparait très vite que cette violence faite aux femmes dans l’espace public est largement répandue et pourtant passée sous silence. Les différentes femmes interrogées lui font part de stratégies mises en place pour éviter les agressions – verbales ou physiques – sans même plus remettre en question la dynamique de cette violence. Ainsi naît le projet du spectacle Depuis l’Aube (ode aux clitoris) 

Victimes mais aussi guerrières et amazones 
Pensée pour un acteur, une actrice et un acteur-musicien, la pièce montre évidemment sans détour les différentes formes de violence auxquelles les femmes sont confrontées de manière quotidienne. En retranscrivant sur le plateau un certain nombre des témoignages recueillis, Pauline Ribat entend provoquer une prise de conscience face à la banalisation des interjections, des regards appuyés, des gestes déplacés mais aussi des agressions sexuelles et des viols auxquels doivent faire face les femmes dans l’espace public mais également au travail ou à la maison. La vision est sans fard, brute, radicale. Mais l’actrice, metteuse en scène et autrice n’entend pas réduire les femmes au rang de victimes. La pièce plaide alors également pour un droit au plaisir féminin, pour une revalorisation de la masturbation féminine, pour un nouveau regard porté sur le corps des femmes. Rattrapé depuis sa création par l’histoire et le mouvement #MeToo, le spectacle de Ribat invite à la réflexion et au changement des comportements, portant des sujets graves avec humour et sans faux semblants.  

Depuis l’Aube (ode aux clitoris) du 9 au 11 mai au Théâtre de la Renaissance, 7 rue Orsel-Oullins / 04.72.39.74.91 www.theatredelarenaissance.com 

© Victor Tonelli

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