La capitale dauphinoise s’apprête à vibrer pendant deux semaines au rythme du Grenoble Pride Festival.

Rebelote : après le succès de l’an dernier, le Grenoble Pride Festival (qui a succédé à la Semaine des fiertés organisée de 2015 à 2017) revient pour une deuxième édition. Soit quinze jours de convivialité, de fêtes et aussi de militantisme pour
commémorer le 50e anniversaire des émeutes de Stonewall, souvent considérées comme le point de départ du mouvement homosexuel moderne. En guise d’avant-goût, et à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les LGBTphobies, l’association SOS Homophobie (qui fêtera ses 25 ans le 7 juin au Café Noir) présentera vendredi 17 mai à l’Hôtel de Ville son rapport annuel sur l’état des discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le lendemain, pour la première fois, la voisine drômoise Valence accueillera une Pride (organisée par l’association Valence Diversité), une semaine avant celle de Grenoble (samedi 25 mai). Cette dernière sera suivie d’une représentation (au café-théâtre La Basse-cour) de l’hilarant one-woman-show La Lesbienne invisible, créé il y a dix ans tout juste par le comédien trans Océan et repris depuis sa transition par Marine Baousson. Au programme également : une projection de l’excellent film Pride (2014) par l’équipe du festival Vues d’en face (mardi 28 mai au cinéma Le Club), un cabaret drag par Les 12 travelos d’Hercule à La Bifurk (samedi 1er juin), une rando par l’association de marcheurs et marcheuses LGBT Rando’s (dimanche 2 juin), un apér’ours par Grrrenoble Bear Association (jeudi 6 juin), une exposition de photos de Sœurs de la Perpétuelle Indulgence par Jean-Baptiste Carhaix, qui sera présent lors du vernissage (cf. p.8-10), une soirée de clôture à La Belle électrique (samedi 8 juin)… Au total, près d’une vingtaine d’événements.

Une marche sans incident ?
Si on ne connaît pas encore le mot d’ordre de l’édition 2019 de la marche des fiertés LGBT grenobloise, elle en aura bien un, choisi le plus tard possible afin de coller au plus près à l’actualité. L’an dernier, la manifestation avait dépassé les attentes des organisateurs en rassemblant environ 2 000 personnes. Elle avait cependant été ternie par l’arrestation d’une militante en fin de parcours. Le char du bar-karaoké Le Vocalise (aujourd’hui fermé) diffusait en effet sur un écran des vidéos de Prides du monde entier, dont celle de Tel-Aviv. Or, voilà plusieurs années que les autorités israéliennes, qui soutiennent fortement cet événement, misent sur une communication “gay-friendly” pour redorer leur image ternie par l’occupation et la violation des droits internationaux des Palestinien·nes. Cette stratégie marketing est rejetée par une partie des personnes LGBT qui voient en elle une forme de pinkwashing, c’est-à-dire une récupération et une instrumentalisation de la cause queer à des fins politiques ou mercantiles. C’est ainsi que quelques manifestant·es ont interpellé les patrons du Vocalise, fait part de leur désapprobation et tenté (en vain) d’initier une discussion sur ce sujet. Le ton est rapidement monté et, à la fin de la marche, les protestataires ont voulu éteindre l’écran incriminé, ce qui a entraîné un début de bagarre avec les vigiles du Vocalise, le service d’ordre de la Marche et même les forces de l’ordre chargées de sécuriser l’événement. Ces dernières ont fini par arrêter une militante, qui a passé 20h en garde à vue pour « dégradation et violence en réunion » et écopé d’un rappel à la loi. Si depuis l’année dernière les organisateur?ices du Grenoble Pride Festival n’ont pas arrêté de position sur la question du pinkwashing israélien, jugée trop complexe, ils ont tenté de tirer les leçons de ce couac : « le dispositif de sécurité a été revu et nous avons changé de prestataire », assure Léo Gatelier, président de l’association organisatrice Grenoble Fiertés.

Grenoble Pride Festival, du 25 mai au 8 juin

grenoble-pride-festival.fr

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