L’Opéra de Lyon présente Lessons in Love and Violence, le dernier opéra du compositeur anglais George Benjamin. Plus qu’une reprise d’Edward II de Christopher Marlowe, il s’agit d’une réflexion sur ces sentiments extrêmes qui peuvent bouleverser l’ordre de la société. 

La Grande-Bretagne serait-elle désormais le grand pays des compositeurs d’opéras ? Après un XXe siècle qui a vu Benjamin Britten entrer dans le répertoire classique, ce début de XXIsiècle est marqué par le talent de George Benjamin. Lorsqu’en 2012, Written on skin est créé au festival d’Aix-en-Provence, l’accueil du public et de la critique est unanime et l’ouvrage est rapidement considéré comme l’un des meilleurs opéras composés durant ces vingt dernières années. Aujourd’hui, George Benjamin propose son nouvel opus, Lessons in Love and Violence, une commande internationale coproduite par plusieurs opéras dont ceux de Lyon, Amsterdam, Chicago, Madrid et Londres où il a été créé l’an dernier. Comme pour Written on skin, Benjamin s’est entouré de Martin Crimp pour le livret, et de Katie Mitchelle pour la mise en scène. Martin Crimp s’est inspiré de nombreux textes anciens et en particulier d’Edward II de Christopher Marlowe. Mais le compositeur nous précise qu’il ne s’agit pas d’une transcription moderne de la pièce. C’est un texte neuf qui explore la confrontation entre l’amour et la puissance politique. Si l’homosexualité du roi Edward II et de son amant Gaveston est un des sujets de l’opéra, elle n’en est cependant pas le thème principal. Il s’agit plutôt d’explorer comment l’amour a pu générer une telle déflagration au point de bouleverser la cour britannique, porter une révolution et un changement de monarque. Lors de son travail de composition, Benjamin a étroitement collaboré avec Crimp mais aussi avec Katie Mitchell. En écrivant la musique, le compositeur était « déjà conscient des idées théâtrales » de la future mise en scène. Il a pu ainsi mettre son inspiration artistique en adéquation avec la scène. 

Un baryton d’exception 
Mais l’autre collaboration d’importance qui a façonné l’opéra est celle entre Benjamin et le baryton Stéphane Degout. C’est lors d’une représentation de Pelléas et Mélisande à Londres que le compositeur a entendu le chanteur lyonnais pour la première fois. Il a immédiatement été fasciné par sa voix et n’hésite pas à le qualifier de « baryton d’exception ». Pour lui, il n’y a eu aucune hésitation, Stéphane Degout était son Edward II. Les deux hommes se sont rencontrés à plusieurs reprises et George Benjamin a composé les lignes mélodiques en fonction de la voix de Degout. Une occasion à ne pas rater de voir cet opéra qui a déjà séduit le public britannique. 

Lessons in Love and Violence du 14 au 26 mai à l’Opéra de Lyon, place de la Comédie-Lyon 1 / 04.69.85.54.54 www.opera-lyon.com 

 

© Stephen Cummiskey

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