À l’occasion des journées du matrimoine et du patrimoine, le Concert de l’Hostel Dieu propose d’explorer un répertoire oublié, celui des compositrices baroques. Une intention plus que louable qui participe à la reconnaissance de ces artistes féminines trop longtemps oubliées. 

Pour 2019-2020, le Concert de l’Hostel Dieu, formation régionale spécialisée dans la musique baroque et placée sous la direction de Franck-Emmanuel Comte,  a choisi de mettre à l’honneur des artistes féminines du répertoire réunies sous le parcours «?Baroque au féminin?», fil rouge de la saison de l’ensemble musical. En effet, le milieu musical ne fait pas exception, et comme dans d’autres domaines artistiques, le sort réservé aux femmes est souvent celui de l’oubli, voire du déni de talent. On ne peut donc que se réjouir du mouvement actuel qui tend à rendre à ces artistes la reconnaissance qui leur est due. Encore aujourd’hui, des ouvrages musicologiques de référence ignorent la présence de femmes, dont l’importance dans l’histoire de la musique ne saurait pourtant être déniée. Sans remonter jusqu’au Moyen Âge avec Hildegarde de Bingen, et comme en témoignent de nombreux tableaux les représentant en train de jouer un instrument, les femmes n’étaient pas à l’écart du monde musical. Au début du XVIIe siècle, dans l’effervescence des académies italiennes qui ont contribué à la naissance de l’opéra, Barbara Strozzi (1619-1677) dont on célèbre cette année le 400e anniversaire de naissance, s’illustre comme étant la première musicienne professionnelle. Son œuvre vocale, composée entre autres de madrigaux et de cantates, témoigne d’un sens aigu de la mélodie qui n’a rien à envier à ses contemporains masculins. 

 

Femmes italo-baroques
Outre Barbara Strozzi, le Concert de l’Hostel Dieu nous fera entendre, au sein d’une représentation intitulée La Donna Barocca, une sélection d’œuvres d’autres compositrices italiennes comme Isabella Leonarda, Francesca Caccini et Antonia Bembo. Religieuse chez les Ursulines chez qui elle passe toute sa vie, Isabella Leonarda (1620-1704) compose près de deux cents pièces. Mais c’est un autre destin qui attend Antonia Bembo (1643-1715). Fuyant l’Italie et un mari violent dont elle demanda le divorce, c’est en France, auprès de Louis XIV et de la communauté des dames de Saint-Chamond qu’elle trouve refuge. Son œuvre, composée pour partie de pièces sacrées,  comporte également un opéra. Néanmoins, le premier opéra composé par une femme, c’est à Francesca Caccini (1587-1641) que nous le devons. Fille du compositeur Giulio Caccini qui travaillait pour les Médicis, elle bénéficia d’une éducation complète et fut une observatrice attentive des bouleversements que vivait la musique à cette époque. Par ailleurs, le Concert de l’Hostel Dieu jouera également en février les œuvres d’autres femmes injustement oubliées dont celles des compositrices françaises du Siècle des Lumières. 

 

Journées du Matrimoine, le 22 septembre à l’Hôtel de Ville, 1 place de la Comédie-Lyon 1  

La Donna Barocca,  les 15 et 16 octobre aux Musées des Tissus et des Arts décoratifs, 34 rue de la Charité-Lyon 2 

Le Parnasse au féminin, les 11 et 12 février aux Musées des Tissus et des Arts décoratifs, 34 rue de la Charité-Lyon 2 

04.78.42.27.76 

www.concert-hosteldieu.com 

 

 

 

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