Nous nous étions quitté·es en fin de saison dernière sur une note amère suite à l’annulation de la Marche des fiertés de Lyon (voir Hétéroclite #146). Entre-temps, le Centre LGBTI de Lyon et la LGP (association organisatrice de la Marche des fiertés lyonnaise) ont reprogrammé, le 17 juillet, la table ronde censée apporter des éclairages aux raisons de l’annulation, qui avait été dans un premier temps reportée sine die.

On aurait pu craindre que cette discussion tourne à vide, faute de contradictrices et de contradicteurs, ou que chacun·e campe sur ses positions, rendant tout échange impossible. Il n’en a rien été. Face aux membres des bureaux du Centre et de la LGP, des personnes ayant pris part au cortège de tête ou se revendiquant de mouvements queers radicaux avaient fait le déplacement, ainsi que des membres des diverses associations du Centre et de multiples individus se sentant concernés à titre personnel par la question. Et de vrais échanges, dont Hétéroclite publie sur son site Internet une retranscription, ont pu avoir lieu, même si certaines questions sont parfois restées sans réponse.  

Il ressort principalement de cette rencontre que le fonctionnement du Centre LGBTI et l’organisation de la Marche des fiertés sont l’affaire de toutes et tous et qu’il convient de s’y intéresser. Peut-être avions-nous, collectivement, eu tendance à laisser le travail à certain·es, pensant que cela allait de soi. Peut-être également que ces personnes ont fini par voir cette tâche comme leur pré carré qui ne souffrait aucune critique. Toujours est-il qu’une prise de conscience semble avoir eu lieu ce soir-là. Il existe diverses façons d’organiser une Marche des fiertés, et il importe d’écouter celles et ceux qui peuvent se sentir écarté·es de ce moment qui doit nous rassembler.  

La LGP a promis une plus grande transparence sur ses modalités de fonctionnement, afin que celles et ceux qui le souhaitent puissent participer aux réunions préparatoires. Le Centre LGBTI a quant à lui, à travers la voix de son président, Laurent Chauvin, promis d’organiser d’autres rencontres de ce type, afin que les critiques puissent être entendues et prises en compte. C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous publions dans ce numéro un article sur la question de la non-mixité au sein du Centre, afin que la communauté LGBT puisse s’emparer du débat. Que les promesses soient suivies d’effets, c’est là notre souhait pour la saison qui s’ouvre. À chacun·e d’entre nous d’y veiller. 

 

 

© Photos : Sarah Fouassier

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