C’est fait. À l’heure où nous bouclons ce numéro d’octobre, l’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture, à 55 voix contre 17, l’article 1 du projet de loi bioéthique, ouvrant la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires. Il aura fallu attendre 7 ans pour que ce texte, qui n’aurait jamais dû être séparé de l’ouverture au mariage pour tous, soit présenté aux député·es.

Si l’on peut se réjouir de cette avancée, il convient cependant de garder à l’esprit les points sur lesquels rien ne bouge. Ainsi, le texte n’est pas parfait : par exemple, les hommes trans restent exclus de la PMA. De même, les volets concernant les mutilations infligées aux personnes intersexes ou la reconnaissance des enfants né·es de GPA n’ont pas été intégrés au projet de loi final et ne seront tout simplement pas débattus (voir article p. 5). En 2013, l’adoption de la loi en faveur du mariage pour tous semblait être devenue l’alpha et l’oméga du militantisme LGBT. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes ne doit pas à nouveau être l’arbre qui cache la forêt ni l’os qu’on nous donne à ronger pour faire taire nos justes revendications à l’égalité et au droit à disposer de nos corps. Il ne faudrait pas laisser s’installer l’habitude, pour des gouvernements se revendiquant comme progressistes sur les questions sociétales, de se payer à bon compte un vernis LGBT-friendly en adoptant des mesures en demi-teinte tous les 7 ans. Il suffit d’ailleurs qu’un festival à Paris prenne pour intitulé « Sortir de l’hétérosexualité » pour que ce vernis craque. Et pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit. Tant que nous ne sortirons pas d’un système patriarcal hétéronormé oppressif pour nos communautés, nos existences et nos libertés resteront à la merci du bon vouloir de gouvernements incapables d’embrasser l’étendue de nos revendications. Nous ne voulons pas être comme eux, nous voulons l’espace nécessaire pour pouvoir être nous-mêmes. Il est donc du devoir des plus privilégié·es d’entre nous d’être solidaires des luttes des plus discriminé·es. En allant par exemple assister aux manifestations de la première édition du Festival des Arts et Créations Trans (voir article p. 18) ou en manifestant lors de la 23e marche de l’Existrans à Paris le 19 octobre (voir highlights p.24). Parce que nous nous devons d’être allié·es au sein de nos communautés. Et parce que non, le combat n’est pas terminé. 

 

 

 

© Sarah Fouassier

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