Le nouvel opus de la saga japonaise Fire Emblemsérie de jeux vidéo de rôle tactique créée par Shouzou Kagaest sorti cet été. Nintendo était particulièrement attendu au tournant, notamment concernant la place accordée aux personnages LGBT 

Avant la sortie de l’épisode Fire EmblemThree Houses sur Nintendo Switch, une attention particulière était portée, par bon nombre de fans, à la représentation des identités LGBT, le jeu développant de plus en plus la possibilité de créer des relations romantiques entre les différents personnages. D’autant plus qu’on revient de loin. Dans Fire EmblemFatessorti en 2016, le personnage de Soleil, jeune fille exclusivement attirée par les femmes, ne pouvait s’engager que dans une relation hétérosexuelle, après avoir bu une potion lui faisant voir les hommes comme des femmes. Une potion d’hétérosexualité, donc, en 2016. Nintendo choisira de retirer cette scène de la version occidentale, en remplaçant maladroitement  toutes les allusions à l’homosexualité de Soleil par des phrases la présentant comme un « garçon manqué ».  

En attendant la sortie de Three Houses, dernier opus de la saga, les rumeurs sont allées bon train. Certaines allaient même jusqu’à annoncer que le genre et le sexe ne seraient plus un critère déterminant dans la possibilité d’avoir ou non une relation romantique avec un personnage. Malgré l’intention des créateurs et créatrices  de ne pas contraindre explicitement les joueur·euses à choisir un genre lors de la création de leur personnage, le jeu reste binaire: le choix se limite à deux apparences qui reprennent, sans les nommer, les archétypes du masculin et du féminin. Selon le choix d’apparence, les autres personnages genrent l’avatar au masculin ou au fémininrendant la première intention assez superflue.  

Les relations lesbiennes privilégiées 
Pour ce qui est des relations romantiques de même sexe, il existe désormais des possibilités assez variées. On remarque cependant une nette disproportion entre l’homosexualité féminine et masculine, la seconde étant bien moins représentée. Une inégalité de représentation en faveur des lesbiennes, inhabituelle à l’échelle de la société, mais récurrente dans le jeu vidéo. On ne peut malheureusement s’empêcher de penser que si cette différence de traitement des personnages persiste, c’est pour flatter le joueur hétérosexuel masculin, cœur de cible commercialeHeureusement, cet opus évite la fétichisation des relations lesbiennes, et les romances sont majoritairement bien écrites.  

Les progrès vis-à-vis des précédents opus, ou même de l’ensemble des jeux Nintendo, sont donc réels, même s’il reste encore des efforts à faire. On peut espérer que les prochains épisodes continuent de suivre les demandes des joueurs et des joueuses afin d’utiliser cet espace de représentation, et la force de frappe des jeux vidéo, pour faire perdre encore un peu plus de terrain à l’hétéronormativité 

Fire Emblem: Three houses. Disponible sur Nintendo Switch 

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