On vous avait pourtant prévenu·e qu’iels existaient. Oui mais voilà, vous ne croyez que ce que vous voyez et jusque là, iels pouvaient aussi bien être des créatures mythiques peuplant les épisodes de Tellement Vrai.

Jusqu’à cette soirée disco où, alors que vous discutez paisiblement, vous apprenez que votre interlocuteur·rice « en est ». Iel vient de faire référence, sans même un clignement d’œil, à sa « transition » et vous comprenez tout de suite : iel est trans. Vous sentez la panique vous gagner, la sueur perler sur votre front, vos mains devenir moites. Vous ne savez plus comment réagir et interagir. Vous avez le choix entre plusieurs options, laquelle choisissez-vous :

A. Vous fuyez.
B. Vouslaedévisagez de bas en haut en vous attardant sur son entrejambe pour essayer de deviner ses organes génitaux. 
C.
Vous continuez à discuter normalement.

Réponses A et B : L’aventure s’arrête ici. C’est impoli de fuir les gens, c’est encore plus impoli de dévisager leur entrejambe.  

Réponse C : Félicitations ! Vous pouvez continuer l’interaction selon les règles élémentaires de la décence et du respect.  

Vous ne pouvez pas vous empêcher de dire à votre interlocuteur·rice que c’est la première fois que vous voyez une personne trans « en vrai ». Voulant lae complimenter, vous lui dites :

1. C’est très réussi ! On s’y tromperait
2. J’apprécie et je partage ton engagement pour le renversement du patriarcat.
3. J’ai toujours fantasmé sur les personnestrans, tu veux rentrer chez moi ?

Vous avez choisi la réponse A : Vous venez de féliciter votre interlocuteur·rice de ne pas avoir l’air trans et donc que vous lae voyez comme une fraude. La tentative de compliment se révèle être une insulte transphobe. L’interaction s’arrête ici.  

Vous avez choisi la réponse B : Félicitations ! L’abolition du patriarcat est une perspective aussi enthousiasmante que fédératrice. Votre interlocuteur·rice vous apprécie un peu plus.  

Vous avez choisi la réponse C : Vraiment ? Les personnes trans ne sont pas des objets sexuels là pour satisfaire les fantasmes exotisant et fétichistes de certaines personnes cis. Vous vous étouffez avec la rondelle de citron de votre margharita.

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