En cette fin d’année, le Théâtre de la Croix Rousse, le Théâtre de la Renaissance d’Oullins et l’Opéra de Lyon s’associent pour proposer une comédie musicale du répertoire américain qui se déroule… dans une usine de pyjamas.

Malgré un succès et une reconnaissance incontestables outre-Atlantique, la comédie musicale passe encore trop souvent en France pour un art secondaire, même si des classiques tels que West Side Story ou Singin’ in the rain lui ont conféré ses lettres de noblesse. Avec la représentation sur deux scènes lyonnaises de The Pajama Game, qui a connu un immense succès à Broadway en 1954 avant d’être portée à l’écran en 1957, Jean Lacornerie et Gérard Lecointe poursuivent leur entreprise de réhabilitation du genre. Tout commence en 1952, lorsque Richard Bissell publie le roman 7½ cents d’après sa propre expérience de manager dans l’entreprise familiale de pyjamas. Aux cotés de Georges Abbot, un grand nom de la comédie musicale, il adapte son récit pour la scène et donne naissance à The Pajama Game. Alors qu’un nouvel intendant vient d’être embauché dans une usine de confection de pyjamas, la colère monte chez les salarié·es qui réclament une augmentation. L’employée Katherine Williams va prendre la tête de la contestation sans céder sur les revendications collectives malgré son amour pour le nouvel intendant.

Militantisme et robes de chambre 
L’histoire, dont la simplicité peut prêter à sourire, est bien plus subversive qu’il n’y paraît. En effet, le Maccarthysme est à l’œuvre dans l’Amérique des années 1950 et la chasse aux sympathies communistes fait rage. Dans ce contexte, The Pajama Game est un pied-de-nez à l’idéologie conservatrice. Malgré son apparente légèreté, l’œuvre développe un discours politique ancré à gauche. On y trouve une description des conditions de travail, un conflit social entre les salarié·es et le patron de l’entreprise. Le fait que la lutte soit essentiellement menée par un collectif d’ouvrières ajoute un aspect féministe avant-gardiste pour l’époque. En dépit de tous ces aspects, The Pajama Game a su passer à travers les griffes du Maccarthysme et emporter l’adhésion du public. Les raisons sont non seulement liées aux thèmes abordés mais également à la qualité artistique et musicale de l’œuvre dont certains titres comme Hernando’s Hideway sont devenus des standards.

Pour cette nouvelle production, Jean Lacornerie, metteur en scène de la pièce et directeur du Théâtre de la Croix-Rousse, a voulu conserver l’esprit des années 1950 tout en pensant l’usine et les modes de production du futur. Une manière de montrer que les luttes sociales et féministes sont des thèmes qui traversent le temps, tout comme celui de l’amour et du désir qui permet de surmonter les conflits. Après tout, c’est Broadway !

The Pajama Game, du 12 au 14 décembre au Théâtre de la Renaissance, 7 rue Orsel-Oullins / 04.72.39.74.91 / www.theatrelarenaissance.com

Du 18 au 29 décembre au Théâtre de la Croix-Rousse, place Joannes Ambre-Lyon 4 / 04.72.07.49.49 / www.croix-rousse.com

Le 21 février au Théâtre, scène nationale de Mâcon, 1511 avenue Charles de Gaulle-Mâcon / 03.85.22.82.99 / www.theatre-macon.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.