Créée en 2000, l’Aide Médicale d’État (AME) est un dispositif permettant aux étranger·es en situation irrégulière de bénéficier de soins gratuitement, dans la limite des montants de la Sécurité Sociale. Pour y accéder il faut résider en France depuis au moins trois mois et avoir des revenus inférieurs à 750 € mensuels. L’accès est donné par la CPAM et valable un an, renouvelable. Ce sont plus de 315 000 personnes par an qui en bénéficient.

Il est aujourd’hui question de réformer cette aide, maintes fois remise en cause depuis sa création. Emmanuel Macron s’est opposé à sa suppression, comme le réclament l’extrême-droite et une partie de la droite, mais s’est interrogé sur les éventuels « excès », mentionnant des « gens qui viennent en France pour se faire soigner ». Un rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF), commandé par le gouvernement et rendu le mois dernier conclut que « la migration pour soins n’est clairement pas un phénomène marginal ». Macron a précisé que la réforme de l’AME a pour but que « la France ne soit pas moins accueillante, mais pas forcément plus attractive non plus ». Alors que l’on sait pertinemment que les migrant·es font l’objet de discriminations dans l’accès aux soins et leur qualité, ce type de propos est tout bonnement effrayant ! Il faut rappeler au Président de la République la position du Comité Consultatif National d’Ethique qui a rendu un avis l’an dernier, indiquant que la santé des migrant·es «ne doit en aucun cas pouvoir être instrumentalisée, notamment en maintenant de mauvaises conditions sanitaires comme outil de refoulement».

Le prétendu tourisme médical justifiant les débats sur l’Aide Médicale d’État  n’existe pas. Par exemple, il existe une prévalence du VIH plus élevée chez les migrant·es que dans le reste de la population. Néanmoins, l’enquête ANRS-Parcours (menée entre 2012 et 2013 dans 74 services de santé d’Ile-de-France) révèle que près de 49 % des migrant·es infecté·es par le VIH l’ont été après leur arrivée en France. Une seconde enquête menée en 2018 démontre que ces contaminations surviennent dans les six premières années de vie en France, marquées par l’instabilité et l’insécurité.

De nombreuses voix médicales se sont élevées, appelant à ne pas toucher à l’AME, dont la limitation entraînerait des conséquences catastrophiques en termes de santé publique, et ce pour l’ensemble de la population nationale.

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