Depuis le début du confinement, une augmentation de plus de 30 % des violences intrafamiliales a été observée (entre 32 et 36 % selon les zones), le huis clos actuel engendrant un terrain propice au développement des actes violents commis contre les femmes et les enfants.

En France, environ 200 000 femmes vivent avec des compagnons violents, tandis que plus de 50 000 enfants et adolescent·es sont chaque jour victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques. En réaction, une campagne d’information et de sensibilisation, Entendons leurs cris, a été lancée par UNICEF France et le collectif #NousToutes, pour inciter les enfants et leurs proches à lancer l’alerte auprès du 119. Ce numéro, dédié à l’enfance maltraitée est gratuit, accessible 24h/24 et 7j/7, et n’apparaît pas sur les factures détaillées de téléphone. Le 9 avril 2020, le Secrétaire d’État à la protection de l’enfance a indiqué que, depuis le début du confinement, ce numéro a enregistré une hausse totale de 20 % des appels, et une hausse de 60 % des appels urgents.

A l’inverse, Marlène Schiappa a mentionné une baisse des appels au 3919, le numéro d’écoute pour les femmes victimes de violences. D’autres moyens de contact, plus discrets, ont donc été mis en place : le 114 qui permet de prévenir les services de police par sms, le mot de code « Masque 19 » pour alerter les pharmacien·nes, et la mise en place de cellules d’accueil à l’entrée d’une vingtaine de centres commerciaux. Sans oublier le tchat accessible via service-public.fr, peu connu mais existant antérieurement, qui permet d’entrer en contact avec les services de police 24h/24 et 7j/7. Il est également toujours possible de se rendre directement au commissariat pour déposer plainte. A ce titre, il faut insister sur le fait que tous les commissariats ont l’obligation de prendre la plainte d’une personne qui se dit victime d’une infraction et ce même si vous vous rendez dans un service ou une unité qui n’est pas compétente pour traiter de votre affaire.

Au niveau local, la Région Auvergne Rhône-Alpes a annoncé le 30 mars la mise en place d’un plan d’urgence mettant à disposition près de 60 nouveaux logements pour héberger les femmes victimes de violences et leurs enfants. Les internats des lycées pourraient être réquisitionnés si besoin. Quant au volet judiciaire, le Tribunal de Lyon est à l’arrêt, sauf pour les affaires urgentes. Il est donc toujours possible de solliciter du Juge aux Affaires Familiales une Ordonnance de Protection qui  permet aux victimes de violences conjugales d’obtenir par une même décision une mesure de protection judiciaire pour elle et leurs enfants, ainsi que des mesures relatives à l’exercice de l’autorité parentale et à l’attribution du logement du couple. Il est essentiel de se saisir de ce dispositif, encore peu utilisé en France (à titre de comparaison 3300 demandes en France en 2018 contre plus de 39000 en Espagne), qui permet d’avoir une décision de protection rapide puisque le Juge doit se prononcer dans les 6 jours suivants l’audience.

Contacts d’urgence en cas de violences intrafamiliales

  • Police :

17 (appel) _  7j/7 et 24h/24

114 (sms) _  7j/7 et 24h/24

Plateforme Internet de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes _ 7j/7 et 24h/24

  • Enfance en danger : 119 _ 7j/7 et 24h/24
  • Service d’urgence général : 112 _ 7j/7 et 24h/24
  • Solidarités Femmes : 3919 _ du lundi au samedi de 9h à 19h durant le confinement
  • Pharmacies : Mot de code « masque 19 »
  •  Victimes Violences Confinementpage Facebook du Planning familial 38

 

© photo Collages féministes Lyon

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