En devenant la première femme trans élue maire d’une commune française, Marie Cau a acquis bien malgré elle un statut de symbole que les médias s’arrachent. Le 8 juin dernier, Le Monde s’est ainsi fendu d’un article où prospèrent des tournures inadéquates véhiculant des clichés transphobes.

Dès le chapeau, le journaliste écrit « Née homme » et plus loin « Née garçon » au lieu d’« Assignée homme/garçon à la naissance ». L’article précise même : « elle préfère que ne soit pas publié le prénom qui lui avait été attribué à la naissance ». En effet, les personnes trans ne souhaitent pas entendre leur deadname, encore moins le voir publier dans les pages d’un quotidien national. Et en quoi cela aurait-il enrichi l’information pour le lectorat ? Est ensuite évoquée « une transition progressive, achevée il y a cinq ans » et l’on se demande bien sur quels critères se base le journaliste pour tirer un tel constat. Une chose est sûre, Le Monde devrait se procurer le kit de l’AJL au plus vite s’il souhaite éviter ces approximations, inacceptables dans un journal de référence. 

 

© illustration : Anaëlle Larchevêque 

4 Réponses à “Le détail qui tue : « Le Monde » et Marie Cau”

  1. Irina

    merci pour cet article, seulement pour accéder à la totalité de l’article du Monde, il faut s’abonner…
    Concernant l’utilisation de deadname, une journaliste de Francebleue m’avait demandé mon ancien prénom, quand je lui ai dit que je ne voyais pas l’utlité de cela, elle a insisté en me disant que ça ne sera pas divulgué à l’antenne… chose à laquelle je n’ai pas cru (je me suis méfiée)….

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  2. Marie Cau

    Les nombreux journalistes que j’ai rencontré étaient bienveillants et souvent maladroits mais ils avaient la volonté de bien faire. La majorité des personnes ne maîtrisent pas le jargon et les subtilités du langage LGBT. Les transgenres eux mêmes s’y perdent … alors nous devons êtres indulgent(e)s et ne pas traiter de transphobes ces personnes. Soyons nous mêmes tolérant(e)s et respectueus(e)s, cela va dans les deux sens. Nous gagnerons en crédibilité et en bienveillance en retour.

    Marie

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    • Stéphane Caruana

      Sans doute, Marie. Mais je pense qu’il est aussi permis de leur dire en quoi c’est maladroit. Sinon on fait du surplace.

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      • Marie Cau

        Tout à fait Stéphane mais pour cela il faut rester bienveillant dans le fond et dans la forme. Ce que je n’ai pas perçu dans le post d’où ma réaction, mais je comprends bien l’exaspération, la société et les mentalités évoluent lentement. Néanmoins n’étant plus toute jeune, j’ai pu constater une évolution positive depuis 20 ans.

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