Tu te souviens l’an passé dans la queue ? 

https://www.youtube.com/watch?v=zLt8lUBEPnMTu avais ton T-shirt « Trainée ». Sur le mien « Arm aber sexy ». D’autres nuits, d’autres soirées. 

Tu te souviens cette attente pour un verre de sangria chaude, de bière âpre ou de mauvais vin ? Tu te souviens l’autre qui t’avait renversé le sien sur les pieds ?  On s’en fout, avais-tu dit, avec la pluie qu’on s’est tapée cet après-midi. 

Tu te souviens tous les baisers que nous avions donnés ? Les embrassades aux copains ? Les effleurages de lèvres aux amantes ? Les mains dans les dos, par-dessus les épaules, les caresses sur les hanches. Le bal de l’année étant aussi celui de exes, ici moins d’effusion, sauf prescription. 

Tu te souviens l’interminable queue aux deux toilettes qu’on ne faisait pas, préférant les ruelles alentour pour ne rater aucun morceau ?

 Tu te souviens comme on dansait toutes et tous entourant les trois voitures oubliées là ? Sans Contrefaçon, Strong Enough, I Am What I Am, ta bouche dans la mienne, Gimme More, le kitsch fédérateur. Toutes et tous à chanter sur une parcelle de rue, postillon géant de fiertés. On raconte même qu’une gouine misandre est tombée en amour avec un pédé maniéré. 

Tu te souviens ? La sueur, la quête de l’after, les invité·es dans tes draps et les paillettes au matin, deci delà. La plus belle gueule de bois de l’année au milieu des banderoles et des drapeaux. C’était l’année dernière, c’étaient les luttes en fête. Viens mon amour, viens trinquer à la sangria pour toutes celles et ceux qui se sont battu·es pour qu’on puisse s’embrasser là. 

 

© illustration : Isabelle Valera

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