Le validisme est un système d’oppression et de hiérarchisation qui discrimine et pénalise les personnes handies aussi bien en termes de liberté de circulation, d’accès au logement, à l’emploi ou aux soins, que dans leur vie sociale et affective.

Le validisme prend la figure de la personne valide comme norme et comme modèle dans l’organisation de la vie en société et « se traduit par des discours, actions ou pratiques paternalistes, condescendants et dénigrants à l’égard des personnes handicapées, qui les infériorisent, leur nient toute possibilité d’être satisfaites de leur existence et leur refusent le droit de prendre en main leur propre vie » (communiqué du CLHEE). Et les communautés LGBT+ ne sont pas épargnées par de tels comportements.

 

Faire relation

Le validisme diffuse l’idée que les personnes handicapées sont moins attirantes, moins désirables du fait de leur handicap. Selon les types de handicap, certaines personnes se verront ainsi exclues malgré elles des champs de la sexualité et du romantisme ; d’autres personnes seront à l’inverse fétichisées et sur-sexualisées. Il s’agit, dans tous les cas, d’une forme de déshumanisation. Le validisme expose par ailleurs les personnes handies à davantage de risques de violences physiques et psychologiques de la part de leur(s) partenaire(s) : il est indispensable d’interroger collectivement le validisme intériorisé dans nos attirances et nos interactions autant que d’inclure les personnes LGBT+ handies dans nos solidarités.

 

La sérophobie

La sérophobie désigne la discrimination spécifique des personnes séropositives. Ces dernières vivent une forme de validisme qui cible particulièrement le domaine des relations intimes. Le compte Instagram, @seropos_vs_grindr, met au jour la sérophobie que peuvent vivre au quotidien les hommes gays séropositifs : rejets immédiats, préjugés sur leur hygiène et leurs pratiques, insultes, confusion entre VIH et séropositivité, méconnaissance des modes de transmission, voire incitation aux comportements à risque.

 

L’accessibilité des espaces

La question du validisme dans les espaces LGBT+ ne concerne pas seulement l’accessibilité physique pour les personnes en fauteuils ou béquilles ; elle concerne aussi les personnes qui ont des hypersensorialités au bruit, à la lumière, au toucher, les personnes victimes d’addictions ou encore les personnes ayant des syndromes de stress post-traumatique suite à des agressions. Des espaces bruyants avec des lumières fortes, consommation d’alcool et de drogues, beaucoup de promiscuité physique ne sont pas des espaces accessibles pour bon nombre de personnes LGBT+. Il convient donc de réfléchir à nos espaces et à nos modes de socialisation pour multiplier les alternatives sécurisantes, accessibles, et non validistes.

 

Pour aller plus loin : 

Collectif Lutte et Handicap pour l’Egalité et l’Émancipation : https://clhee.org/

@seropos_vs_grindr sur Instagram

Association CLE-Autistes :  https://cle-autistes.fr/

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