Dans Foucault en Californie, Simeon Wade fait le récit d’un trip au LSD qu’aurait vécu le philosophe français dans la Vallée de la Mort.

Que faire d’une anecdote dans la vie d’un philosophe ? Diogènes qui vivait dans un tonneau, Rousseau qui prenait du plaisir à se faire fesser, Wittgenstein qui avait comme copain de classe Adolf Hitler, et voilà Michel Foucault qui prend du LSD dans la Vallée de la Mort. 

Foucault en Californie, ce récit offert par Simeon Wade, dont on ne peut manquer l’admiration qu’il avait pour le philosophe, a le mérite de reposer une pareille question. Expérience aux conséquences profondes sur la pensée de Foucault ou bien moment loufoque au sein d’une vie marquée par l’écriture d’ouvrages majeurs ? Il est difficile de se décider après lecture d’un pareil livre. 

Le parti-pris de l’auteur, lui, est clair : prendre du LSD aurait changé à tout jamais le rapport qu’avait Foucault aux mots et aux choses. Or, au fil du récit, c’est un autre Foucault que le Foucault philosophe qui aimerait s’écrire. Un Foucault qui prend plaisir à découvrir une Amérique aux paysages qui le transcendent et aux mœurs qui le libèrent. Un Foucault intime qui, hélas, se trouve être légèrement occulté par un regard trop admiratif. Aussi, ce récit manquerait-il un peu de personnalité à trop vouloir faire du Foucault. 

Ainsi, ce n’est peut-être pas dans les mots mais bien dans les images que l’auteur nous laisse entrevoir Foucault autrement. Au hasard d’un sourire, d’une posture, d’un regard sur les photos ajoutées en annexe, Michel Foucault semble ne plus être philosophe, mais humain. 

Michel Foucault

Foucault en Californie de Simeon Wade (Éditions Zones). En librairies.

 

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