Voilà quinze ans que le chorégraphe Mourad Merzouki s’attelle à donner ses lettres de noblesse au hip-hop et aux danses urbaines grâce au Festival Karavel. Tour d’horizon de cette édition 2021, entre revendications sociales et quête des origines.

On ne présente plus Mourad Merzouki, l’enfant de Saint-Priest qui crée dès 1996 sa compagnie Käfig, d’après le nom de sa première pièce au succès international, avant de devenir directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil en 2009 et conseiller artistique de Pôle en Scènes, à Bron, en 2016. C’est lui qui, dès 2006, imagine le Festival Karavel, devenu depuis un rendez-vous incontournable des danses urbaines de la métropole lyonnaise. 

Comme les précédentes, cette quinzième édition se propose d’embrasser toute la diversité de cette culture chorégraphique qui trouve ses origines dans la rue. Et l’accueil par le théâtre des Célestins, écrin de l’art institutionnel lyonnais, d’une carte blanche consacrée au krump, danse issue des émeutes raciales de Los Angeles au début des années 2000, suffit à lui seul à mesurer le chemin parcouru. Les danseuses Nach et Jekyde et le danseur Grichka ont imaginé cette soirée du 12 octobre qui débutera par un battle sur le parvis du théâtre et se poursuivra par une conférence dansée et la représentation de trois spectacles dans les deux salles des Célestins. 

Festival Karavel 2021

Contestations et origines 

À l’instar du krump, nombre de mouvements chorégraphiques issus des danses urbaines puisent leur source dans la contestation sociale. On retrouve notamment cette dimension dans le travail de la compagnie Revelant et son spectacle L’Art de l’inclusion (le 2 oct. à Pôle en Scènes à Bron) qui aborde la notion de discrimination à travers les rapports entre le groupe et l’individu. C’est également le cas avec The Dress de Carmel Loanga (le 5 oct. à l’Université Lyon 2 à Bron). Dans cette pièce, la chorégraphe originaire du Gabon construit autour de la robe une réflexion sur le genre en brouillant les frontières entre féminité et virilité. 

La question des origines se retrouve également au cœur d’un certain nombre de spectacles : un hommage à Casablanca dans Danser Casa de Kader Attou et Mourad Merzouki (du 4 au 6 oct. au Radiant à Caluire) les liens entre l’esthétique hip-hop et les danses du Maghreb dans Näss de Fouad Boussouf (le 9 oct. à Pôle en Scènes), les racines multiples du chorégraphe Amala Dianor et de la danseuse franco-sénégalaise Nangaline Gomis dans Wo-Man (les 21 et 22 oct. à la Maison de la Danse à Lyon), l’opposition et la fusion de l’Orient et de l’Occident dans Be.girl de la franco-japonaise Valentine Nagata-Ramos (le 23 oct. au Musée Gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal).

Enfin, on ne manquera pas non plus la dimension poétique de ces danses, à travers la nouvelle création de Kader Attou, Les Autres (du 30 sept. au 2 oct. au Toboggan à Décines) ou encore Perception du duo Mazel Freten qui mêle hip-hop et électro (le 8 oct. au Neutrino à Genas).

Festival Karavel, du 26 septembre au 23 octobre 2021 dans la Métropole de Lyon / 04.72.14.63.40. 

Toute la programmation sur karavel.karavelkalypso.com

 

© Julie Cherki

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