L’arrivée au pouvoir des talibans depuis mi-août en Afghanistan inspire les plus grandes craintes quant à la sécurité des personnes LGBT + dans le pays.

Bien que le mouvement qui a pris la tête de l’Afghanistan tente de paraître plus modéré aux yeux de la communauté internationale, personne n’oublie que le précédent régime taliban (entre 1996 et 2001) avait instauré la peine de mort pour les personnes homosexuelles, mise à exécution de manière particulièrement cruelle (ensevelissement vivant, exécutions publiques, écrasement sous des murs de briques, etc). Le gouvernement qui a suivi n’était pas un modèle de respect des droits LGBT+, très loin de là, mais aucune condamnation à mort n’avait été prononcée depuis la fin du régime taliban en 2001. Il est à craindre que ce ne soit plus le cas avec le retour des fondamentalistes. 

Face à une telle menace pesant sur les personnes LGBT+, la France se doit d’accueillir celles et ceux qui lui demanderaient protection. On rappellera que le droit d’asile est la protection qu’accorde un État à un·e étranger·e qui ne peut, contre la persécution, bénéficier de celle des autorités de son pays d’origine (voir Hétéroclite #152).

Droit d’asile et réfugié·es afghan·es LGBT+

Le discours d’Emmanuel Macron, s’émouvant d’éventuels « flux migratoires irréguliers », laisse très perplexe quant à l’accueil que recevront celles et ceux qui demanderont à être protégé·es par la France. À ce titre, le cabinet de la ministre déléguée à la Citoyenneté a indiqué que 200 places d’hébergement supplémentaires ont été crées spécifiquement pour accueillir les réfugié·es LGBT+. Néanmoins cette ouverture de nouvelles places ne concerne pas que les réfugié·es afghan·es mais l’intégralité des personnes accueillies en France en raison des persécutions vécues dans leur pays d’origine du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Sachant que notre pays a accordé un statut de protection (réfugié·e ou protection subsidiaire) à 24 181 personnes en 2020 et 36 275 en 2019, une création de 200 places destinées aux réfugié·es LGBT+ apparaît très largement insuffisante.

 

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