Après une année blanche pour cause de pandémie, le cinéma LGBT+ réinvestit Saint-Étienne à l’occasion de la dix-septième édition du festival Face à Face, du 3 au 5 décembre.

Quatre avant-premières, sept inédits stéphanois : pour ses retrouvailles avec son public, le festival Face à Face mise sur la nouveauté et l’éclectisme. L’un des moments forts sera sans aucun doute la présentation de l’intégralité de la saison 3 des Engagés, la plus LGBT+ des séries françaises, qui prend ici une tout autre ampleur. En effet, après deux saisons composées d’épisodes de 10 minutes, c’est un final en 3×45 minutes que propose son auteur, Sullivan Le Postec. Le changement de format marque aussi un changement d’ambition d’une série qui n’en a pourtant jamais manqué — que ce soit pour évoquer le militantisme LGBT+, l’acceptation de soi ou la transidentité. Échappant aux pentes de la Croix-Rousse et au Point G (le centre LGBT+ lyonnais fictif qui est au cœur de l’action), Les Engagés : XAOC file jusqu’à Bruxelles pour accompagner un réfugié tchétchène victime d’agression. Menée par Sullivan Le Postec, c’est une bonne partie de l’équipe et des acteurs de la série qui sera à Saint-Étienne pour cette avant-première événement.

Un autre réfugié, iranien celui-ci, est au cœur de No hard feelings, beau et subtil drame allemand de Faraz Shariat qui a remporté le Teddy Award lors du dernier festival de Berlin. Le poids de l’exil, l’envie de vivre sa vie librement et de faire la fête, les désirs entrecroisés, l’identité… sont autant de thèmes forts qui traversent ce récit sensuel, filmé au plus près de corps.

Beaucoup moins charnel mais tout en frémissements, en effleurements, en retenue, Ammonite, le nouveau film de Francis Lee (l’auteur de Seule la terre) est un drame romantique avec pour cadre l’Angleterre du milieu du XIXè siècle. Kate Winslet y incarne une paléontologue qui a tout sacrifié à sa passion des fossiles, jusqu’à l’arrivée dans son village d’une jeune femme souffreteuse… Esthétiquement très réussi, parvenant à rendre palpable l’impossibilité de cet amour dans une société puritaine, Ammonite est toutefois trop corseté pour convaincre totalement. 

À noter qu’à côté de cette douzaine de longs métrages, Face à Face comporte également son indispensable Nuit du court, le samedi 4 à 22h.

Face à face, du 3 au 5 décembre 2021 à Saint-Étienne.

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