Avec son Vent chaud, film brésilien qui porte son titre à merveille, Daniel Nolasco donne corps à un trio d’amants torride, pour un surprenant et séduisant drame romantique, onirique, ultra sexué et bourré de références. 

Le film le plus (homo)sexué du moment est aussi le plus cinéphile. Vent chaud, premier long métrage de fiction du Brésilien Daniel Nolasco, est ainsi un de ces rares films à se revendiquer de la double filiation du cinéma porno (le vrai, celui des seventies) et du cinéma d’auteur gay, celui qui court de Jean Genet à João Pedro Rodrigues en passant par Fassbinder, Kenneth Anger et Alain Guiraudie, c’est-à-dire celui qui allie fantasmatique et réalisme social. 

Vent chaud souffle donc dans cette direction, inscrivant son trio masculin dans le décor d’une mine étouffante où ils travaillent et se reluquent, se désirent, se jalousent. Les effleurements, les peau contre peau, les corps à corps, les bites dressées et les culs léchés, c’est pour ailleurs : un sous-bois qui sert de refuge, les vestiaires d’une piscine, les étranges couloirs d’un sex club désaffecté où ont cours tous les fetishs et qui porte le nom de Al Parker, rien moins que la plus charismatique des porn stars des années 1970-80.

Ce qui est beau dans Vent chaud, ce qui est particulièrement troublant, ce n’est pas tant la vaste panoplie de plaisirs charnels que le film déploie et montre crument, mais bien plutôt qu’il le fait dans le cadre d’une histoire d’amour, d’un triangle amoureux sur le fil de la tragédie. Il y a donc Sandro, bear quinqua barbu et poilu, et son jeune collègue et amant, Ricardo, qu’il retrouve le soir dans les fourrés pour des parties endiablées. Et puis il y a Maicon, biker échappé de chez Tom of Finland, dont les apparitions à la piscine fascinent Sandro, mais qui préfère coucher avec Ricardo.

Au cœur de cette histoire de cul, il y a donc du sentiment, et ce n’est pas si fréquent, et de la jalousie qui affole les désirs. Dans des lumières très stylisées à la Querelle, dans des décors eux aussi déréalisés et pourtant inscrits dans le réel le plus brut (une usine, une piscine, un sous-bois…), dans une moiteur de tous les plans, s’écrit donc, sur un rythme un peu languissant, un stupéfiant récit de poils, de baise et d’amour comme on en voit (trop) rarement sur les écrans.

Vent chaud, de Daniel Nolasco, avec Leandro Faria Lelo, Allan Jacinto Santana… Sortie DVD le 2 décembre (Optimale).

 

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