Rédiger un édito le 22 décembre pour une publication le 5 janvier en période d’instabilité sanitaire accrue et de campagne présidentielle bien engagée relève de la gageure, tant les événements et les annonces en tout genre semblent s’enchaîner à un rythme effréné, en dehors de toute logique.

On trouve étrangement au milieu de ce marasme mouvant des éléments dont la constance inébranlable, loin d’apporter un quelconque réconfort, a de quoi susciter notre inquiétude.

Ainsi en va-t-il de la récente rumeur émanant de groupuscules d’extrême-droite affirmant que Brigitte Macron serait une femme trans. Constance disions-nous, tant ce types de rumeurs à l’égard d’un·e candidat·e – ou de ses proches, en l’occurence – est monnaie courante en politique. Rappelons-nous qu’en 2017 déjà, quelques complotistes nauséabonds remettaient en cause l’orientation sexuelle d’Emmanuel Macron, lui prêtant volontiers des relations homosexuelles. Calomnies de bas-étage, pourrait-on dire. Certes, mais calomnies qui entretiennent, de manière pernicieuse, sournoise et abjecte l’idée que la transidentité, la bisexualité ou l’homosexualité sont infamantes et portent en elles la justification du discrédit. Ce ne sont pas tant les personnalités publiques ciblées par ces rumeurs qui sont attaquées au final que toutes les femmes trans, que toutes et tous les homosexuel·les, que l’ensemble des membres des communautés LGBT+.

Se répétant généralement à l’approche des élections, et donc à des moments charnières de la vie citoyenne, au cours desquels doivent être choisis par le peuple des horizons communs et les moyens de les atteindre, au cours desquels se dessinent à grands traits les contours d’un vivre ensemble pour les années à venir, ces rumeurs tendent inexorablement à exclure les personnes LGBT+ en les reléguant inlassablement à la marge. Car, en effet, si être soupçonné·e d’être une personne trans ou d’être homosexuel·le ou bisexuel·le lors d’une campagne électorale est considérée comme « une attaque » voire « une boule puante », quel statut cela confère-t-il de fait aux personnes trans, aux homosexuel·les et aux bisexuel·les ? Imagine-t-on un seul instant qu’une personnalité politique ouvertement transgenre puisse être discréditée aux yeux du corps électoral en étant accusée publiquement d’être cisgenre ?

Ainsi, les avancées – insuffisantes – des lois pour l’égalité des droits ne doivent pas masquer que les termes trans, pédé, homo, gouine continuent de charrier les stigmates de l’insulte et de la honte. À nous de continuer, en cette nouvelle année qui débute, d’en faire les étendards de notre fierté. D’autant plus lorsque les sondages promettent à deux candidat·es d’extrême-droite et à une candidate de droite clémente à l’égard de la Manif pour tous un score global avoisinant les 35%.

La soirée de lancement initialement prévue le 13 janvier 2022 chez GIGI est reportée au 10 février 2022 en raison des nouvelles restrictions sanitaires. Pour restez informé·es, suivez l’événement sur Facebookédito #159

© Nadia Khallouki

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