En publiant la première partie de Sissy, notre panorama culturel transpédégouine régional, nous prenions quelques pincettes malgré un volonté résolument optimiste. En publiant la seconde partie de Sissy, qui court de janvier 2022 à la fin de la saison, on ne peut cacher que notre optimiste a quelque peu été ébranlé.

En effet, comme nous le craignions alors, l’offre culturelle pléthorique de cette saison, qui devait être celle de la renaissance après les affres covidées de 2020, semble avoir du mal à trouver son public. Soit que les propositions soient trop nombreuses pour des budgets non extensibles à l’infini, soit que les circonvolutions du virus en aient refroidi plus d’un·e, soit encore que de nouvelles habitudes à l’égard de la culture se soient installées plus durablement qu’il n’y parait, les lieux culturels font tous le constat d’une difficulté à remplir les salles. Et les prévisions épidémiologiques pour le début d’année ne semblent guère encourageantes. Déjà les annulations tombent. Déjà les clubs et discothèques, lieux de nuit et de culture – n’en déplaise à un personnel politique souvent dépassé en la matière, ont dû fermer leurs portes. L’ombre des restrictions plane.

Dans le même temps, les meetings politiques en vue de l’élection présidentielle d’avril bénéficient d’un indulgence qui semble peu conciliable avec l’urgence de la situation sanitaire. Certes, ces rassemblements sont nécessaires à la vie démocratique du pays. Mais tout autant que les théâtres, les cinémas, les musées ou les salles de concert qui permettent de saisir les rouages d’un monde en mutation et de tisser le canevas commun de la citoyenneté, en empruntant bien souvent des voies plus complexes et moins manichéennes que ne le font les meetings politiques.

Grande absente de la campagne présidentielle jusqu’à présent, la culture semble reléguée au rang de simple divertissement, comme si 2020 n’avait jamais existé ou pire, ne nous avait rien appris. En publiant notre sélection d’événements culturels et artistiques LGBT+, queers et intersectionnels en Auvergne-Rhône Alpes, nous réaffirmons au contraire que la culture fait partie intégrante de la formation des citoyen·nes et que le fait de la négliger n’est jamais politiquement insignifiant.

Retrouvez Sissy 21-22 en PDF.

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