Un orgue antédiluvien et sa boîte à rythme minimale, une guitare et une voix féminine drapées d’une élégante réverb lynchienne : sur la quasi-intégralité de son deuxième album, Beach House se tient strictement à cette formule élémentaire. De la même façon que d’autres vont s’évertuer à étoffer leur palette d’arrangements à chaque nouveau morceau, à explorer sans cesse de nouveaux territoires, le duo de Baltimore choisit l’option inverse et semble tendre vers la quintessence du son de ses rêves.

Un pari monolithique donnant naissance à un bloc compact, comme une seule, longue et belle chanson où il est souvent question d’intérieurs et d’intimité, mais où la grâce des atmosphères incite à contempler par la fenêtre les charmes de l’océan. Une demeure à l’harmonie telle qu’il pourrait même paraître indécent d’y pénétrer. Deux merveilleuses portes d’entrée pourront cependant permettre à l’auditeur de ne pas se laisser intimider : Gila, où l’on serait bien en peine de dire qui de la guitare d’Alex Scally ou de la voix de Victoria Legrand (la nièce de Michel) remporte la palme du sublime et Heart of chambers, slow envoûtant comme on en n’a pas entendu depuis des lustres. Si vous passez la porte, il se peut que vous ne vouliez plus repartir.

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