Nouveau chimpanzé. Placée juste derrière une ouverture épique (Super Aaah), cette chanson fait, volontairement ou pas, office de véritable manifeste pour ce troisième album de Julien Ribot. Il y est question de «sortir à masque découvert», «d’opération à cœur ouvert», de «nouveau départ», soit tout ce que l’on espérait après un deuxième disque frustrant (La Métamorphose de Caspar Dix en 2004) qui s’égarait dans les méandres d’une histoire concept de sœurs siamoises peinant à passionner l’auditeur et à rivaliser avec la haute tenue musicale de l’ensemble. Aujourd’hui, Ribot, 35 ans et toujours aussi «peur de grandir», ose enfin se livrer intimement sans pour autant renoncer à son écriture rêveuse et fantaisiste et atteint du même coup un équilibre subtil entre ses marottes de toujours (les rêves, l’imaginaire, les extraterrestres) et une charge émotionnelle plus personnelle et touchante (comme sur le très grave et très beau 1982). Musicalement, là aussi, l’équilibre est le maître mot. Les aspirations orchestrales ne virent jamais à la folie des grandeurs et laissent une belle place à un dépouillement bienvenu face à des mélodies aussi sophistiquées. Et si en prime on vous dit que l’artwork signé par l’artiste lui-même est de toute beauté, vous aurez définitivement compris que Vega est une œuvre foisonnante, singulière et ambitieuse. Une œuvre rare.

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