Une affaire oppose la doyenne des associations gay lyonnaises, Aris, à l’initiateur du Fonds de ressources gay et lesbien de la bibliothèque municipale de Lyon, Michel Chomarat. Abus ou malentendu, la mémoire gay déchaîne les passions.

«Rendez-nous nos archives ! Michel Chomarat nous a abusés». Dans un communiqué de presse daté du 28 octobre, l’association ARIS crie au scandale. Sabine Blanc, sa présidente, est furieuse. Selon elle, les archives confiées par son association à Michel Chomarat, le «Monsieur Gay» de la Ville de Lyon, ont été détournées par lui et intégrées à son fonds de collection privé. Le 26 février 2005 en effet, une Assemblée Générale d’ARIS décidait de transférer une partie de ses documents à la bibliothèque municipale de Lyon, via le «fonds Michel Chomarat». Le 18 Août, le transfert était effectif. Sur les bordereaux, on trouve les archives de la plus ancienne association LGBT de France, les exemplaires de sa publication Chéries-Chéris depuis 1981, des collections du défunt Gai-Pied ou de Lesbia magazine, 25 ans d’histoire LGBT à Lyon. Et c’est là que le bât blesse. Selon Sabine Blanc, Michel Chomarat ne devait être qu’un intermédiaire et les documents auraient dû être versés au fonds public de la bibliothèque. «Pas du tout, s’insurge Michel Chomarat, tout était clair depuis le début !». Et il explique que passer par son fonds simplifie les démarches administratives et que les documents restent accessibles au public. Mais ce n’est pas si simple. Dans un courrier du 2 octobre, le conservateur de la bibliothèque précise : «S’il s’agit d’un don fait par Aris à Michel Chomarat, c’est celui-ci qui normalement est propriétaire de la collection». Il avait déjà signalé le 26 septembre que «certains d’entre eux (documents ARIS, NdlR) ont semble-t-il été retirés de la collection originelle d’Aris pour venir compléter d’autres segments du Fond Chomarat». Simple malentendu, polémique inutile, comme le pense Michel Chomarat ? Possible. En tout cas, Hervé Morel et Alain Bernoud, qui étaient respectivement président et secrétaire d’Aris en 2005 sont signataires de la pétition «Rendez-nous nos archives». Au bas mot, une clarification paraît indispensable, pour ne pas entacher ce qui reste le plus important fonds de documentation LGBT de France, à l’initiative du même Michel Chomarat.

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