Avec The Crying Light, le groupe Antony and The Johnsons s’inscrit dans la continuité de son précédent album, le magnifique I Am A Bird Now.

Sur la pochette de The Crying Light, une créature gracieuse et terrifiante, une espèce de sorcière transgenre aussi sensuelle que fanée. Une figure (il s’agit en réalité de Kazuo Ono, un danseur classique japonais centenaire) qui s’insère parfaitement dans l’univers queer et féérique d’Antony and The Johnsons. On retrouve avec bonheur son lyrisme et sa gravité, une mélancolie mystique et virtuose qui en fait un peu l’héritier (entre autres) de Klaus Nomi.

Alors certes, rien de révolutionnaire dans The Crying Light par rapport au précédent opus, I Am A Bird Now. On est même presque un peu déçu de ne pas retrouver quelques duos dont Antony a le secret (le sublime You’re My Sister avec l’ange pour le moins déchu Boy George). Mais en se plongeant plus sereinement dans l’album, on découvre à quel point il a été sculpté, raffiné, poli. Quelques titres sont littéralement bouleversants, comme Daylight and The Sun ou Aeon.

Un disque qui ne surprend donc pas, mais qui installe Antony Hegarty comme un artiste essentiel de l’époque et comme un funambule capable de donner aussi bien dans le disco-funk-alternatif (avec Hercules and Love Affair récemment) que dans la messe liturgico-pop ; on se prend à rêver d’un concert dans une chapelle éclairée aux bougies. À écouter religieusement.

 

The Crying Light de Antony and the Johnsons (Rough Trade)

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