Tous les mois, Hétéroclite se propose d’éclaircir un mot du jargon homosexuel et des minorités de genre : en novembre, place à intersexe.

 

La dernière lettre de l’interminable acronyme LGBTQI désigne les personnes intersexes. Le mot «intersexe» ne désigne ni une sexualité (comme lesbienne, gay ou bi), ni un positionnement transgressif par rapport au genre (Transsexuel, Queer) mais bien une réalité biologique rare, celle de l’hermaphrodisme. À sa naissance, une personne intersexuée ne peut être identifiée comme un garçon ou comme une fille : le bébé dispose-t-il d’un clitoris trop grand ou d’un pénis trop petit ? Lorsqu’ils sont confrontés à cette situation, les parents subissent le plus souvent la pression du corps médical pour qu’ils tranchent, au sens figuré et littéral : il faut choisir le sexe de l’enfant, ce sera garçon ou fille, à grands renforts de chirurgie puis de traitement hormonal si nécessaire. Pour les militants du Réseau des Intersexué-e-s Francophone d’Europe, «c’est le seul cas ou un patient en bonne santé relève de l’urgence médicale». Urgence justifiée pour les médecins par la nécessité d’inscrire un sexe définitif à l’état civil. Les formes d’intersexuation sont multiples, mais aucune n’est légalement reconnue puisqu’en France comme dans de nombreux pays, on mutile – c’est le mot employé par les intersexes militants – les enfants puis on les conditionne afin qu’ils puissent rentrer dans l’une des deux cases prévues par la sécurité sociale. Les personnes intersexes ont inspiré de nombreux théoriciens et de nombreuses théoriciennes queer comme Judith Butler (et son fameux ouvrage Troubles dans le genre) autant qu’elles mobilisent ces nouvelles ressources dans leurs combats pour l’égalité.

www.intersexualite.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.