Tous les mois, Hétéroclite se propose d’éclaircir un mot du jargon homosexuel et des minorités de genre : en juin, place aux sneakers.

 

Sneakers : mot anglais. Traduction littérale : baskets. Par extension : fétichistes des baskets.

Affichée sur la porte du frigo de vos amis gays, cette affichette vous a laissé perplexe : soirée sneakers. Qu’est-ce à dire ? Vous cherchez dans le dicogay d’Hétéroclite. Les trips sneakers réunissent des adeptes de plans skets. Oui mais encore ? Et bien lors de ces soirées, on chausse une bonne paire de baskets. Et quand on dit baskets, n’imaginez pas sortir vos Veja, vos Adidas orange et jaune fluo ou votre dernière paire argentée. Ici, on veut de la “sket“ de lascars, soit de la Nike air bien blanche, à la limite des Rebook. L’idéal est que vous ayez fait une rando dans l’après midi afin qu’elles soient maculées de boue. À l’intérieur, c’est pieds nus ou chaussette blanches de foot. Laissez vos Achille au placard. Et ensuite ? Et ben on admire, on renifle et on lèche. On ne s’improvise pas fétichiste, on a ça en soi. Les plans sneakers vont souvent de pair avec les trips liés aux odeurs: odeurs corporelles, de sous-vêtement, le tout si possible de la veille ou plus. Alors ensuite, on décline : survêts ambiance abords de stade, jeans troués à la punk, tout nu façon naturiste sur un terrain plein de gravillons… Certains combinent leur “sneakers-attitude“ avec des scénarios sadomasochistes, bâillonnant par exemple leurs partenaires avec une basket. Le dress code sneakers est aujourd’hui particulièrement répandu et constitue l’un des fonds de commerce de la pornographie gay. Nous rassurant sur la perpétuelle actualisation des fantasmes et des fétichismes.

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