L’ex-n°1 mondiale du tennis féminin Amélie Mauresmo a annoncé jeudi 3 décembre qu’elle mettait fin à sa carrière sur les courts, à seulement 30 ans. Malgré une carrière sportive en demi-teinte, marquée par une certaine fragilité psychologique et un manque récurrent de confiance en elle, Mauresmo avait acquis une certaine popularité à la suite de la révélation de son homosexualité en 1999. En parlant avec franchise et simplicité de sa vie amoureuse avec des femmes, Mauresmo (accompagnée de son amie) avait ainsi fait la une, en 2003, de l’hebdomadaire Paris Match, qui la désignera deux ans plus tard comme «femme de l’année». Un choix audacieux, car plus encore que les normes (hétéro)sexuelles, ce sont bien les normes de genre que la joueuse questionne, avec son physique très masculin, ses épaules larges et sa mâchoire carrée. C’est cette apparence déroutante, davantage encore peut-être que son homosexualité, qui lui vaudra un flot de moqueries, certaines amicales, d’autres moins bien intentionnées : Les Guignols de l’Info la caricatureront en Rambo body-buildé s’exprimant d’une voix de basse, Martina Hingis la jugera «moitié homme», Lyndsay Davenport estimant pour sa part que son adversaire jouait «comme un homme», et on ne compte plus les plaisanteries plus ou moins raffinées à propos de ses talents sur gazon. Il n’en reste pas moins qu’aux yeux de l’opinion publique Amélie Mauresmo est restée pendant toutes ces années la plus célèbre des lesbiennes françaises, et qu’à l’heure de sa retraite la presse sportive s’accorde plutôt à souligner que son jeu a su conjuguer la beauté à la puissance nécessaire au jeu des années 2000.

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