Disons-le sans ambages, c’est avec soulagement et une certaine allégresse que nous accueillons la percée de Lady Gaga. Car depuis le traitement sédatif de Britney Spears et le douzième lifting de Madonna, la scène musicale gay-friendly avait quelque chose de peu reluisant. L’album The Fame Monster, sorti le 23 novembre, est la réédition du raz-de-marée The Fame, vendu à plus de quatre millions d’exemplaires. Inutile d’en faire une chronique musicale circonstanciée, un album de Lady Gaga ne vaut que par les clips et prestations scéniques qui en sont issus. De plus, les inédits présents sur The Fame Monster ne présentent pas de grande nouveauté par rapport à son album précédent. On y retrouve les chansons efficaces, indigestes parfois, de la chanteuse. Fait très rare, à sa sortie The Fame Monster comptait six titres se trouvant dans le US Billboard des meilleures ventes (dont le single Bad Romance en première position). Lady Gaga livre à la chaîne ses hits déjantés, rencontre détonante entre le rock barge de Queen et la pop électro de Kylie Minogue. Des costumes carnavalesques rappelant l’exubérance eighties des pubs de Jean-Paul Goude, des chansons tonitruantes et infectieuses, voilà en somme les deux clés du boom Gaga. Omniprésente sur les réseaux sociaux, Lady Gaga est l’artiste Youtube par excellence : à l’heure où un buzz chasse l’autre, elle s’assure avec ses performances baroques sans cesse renouvelées une présence continue sur le Net. Comme pour toutes les princesses pop, on s’interroge sur l’opportunité de décerner à Lady Gaga le titre de “nouvelle Madonna“. La chanteuse en a largement le talent. Mais contrairement à la Madone, Lady Gaga pâtit d’une relative fadeur physique, compensée par une voix cuivrée impressionnante et un vrai talent de danseuse. Reste que le gimmick de son dernier single Bad Romance, «Roma, Roma-ma» pourrait bien devenir notre nouveau cri de guerre.

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