100705_ThexxcopAliyaNaumoffEn juillet, les Nuits de Fourvière accueilleront quelques nouveaux venus ou grandes révélations qui pourraient bien offrir les concerts les plus marquants de cette édition 2010.

Relooker le rock
Les membres du combo Vampire Weekend, en plus d’avoir sorti la meilleure production de cette année avec leur album Contra, peuvent s’enorgueillir d’avoir réussi à relooker le rock. Après avoir fait connaissance sur les bancs de la faculté, les quatre garçons ont troqué les blousons en cuir façon bad boys pour des chemises bien repassées, des guitares coûteuses et bien accordées. Pas de larsen ni de saturation dans leur rock, mais une musique multi-influencée qui embrasse la pop, le zouk ou l’afro-beat. L’ensemble est sophistiqué et pourrait l’être davantage si toute l’intelligence de Vampire Weekend ne résidait pas justement dans leur simplicité. Ils ne cherchent pas à valider leur diplôme de musicologie à travers leurs disques et cela donne des titres plutôt easy-listening mais très techniques ou encore des morceaux pop et dance aux rythmes savants.

Générations désenchantées
Les jeunes Londoniens du trio The XX, avec leur sens incroyable de la mélodie, pourraient bien s’imposer comme les nouveaux rois du dépouillement musical. Toujours fragiles et visiblement pas au top de leur forme, ils chantent les préoccupations post-adolescentes avec indifférence, comme imperméables à la douleur, en oscillant entre cold-wave et pop minimaliste. S’ils sont aussi no future que leurs ancêtres punks, ils n’en ont pas l’énergie et privilégient l’immobilité pour transmettre leur désarroi : seules leurs mèches noir corbeau vacillent devant leurs yeux. Jamie McDermott et son orchestre The Irrepressibles partageront la scène (et le désenchantement) avec leurs voisins londoniens. Élevé dans un milieu catholique rigide et marqué par une adolescence de jeune gay mal dans sa peau, fauché et solitaire, Jamie McDermott se libère aujourd’hui grâce à sa troupe pour briller et prendre sa revanche, rêver et se reconstruire une vie. Une renaissance qui passe par les plumes et le rock. The Irrepressibles sur scène, c’est une thérapie féérique, expressive et parfois inquiétante.

Nouvelle image
Benjamin Biolay, jeune révélation ? Visiblement oui, car il aura fallu attendre l’album La Superbe pour qu’il connaisse enfin la consécration du public. Biolay sur scène, c’est assez simple : une setlist pour les fans, avec des titres qui sonnent comme des tubes et des morceaux bien plus efficaces que sur disque. C’est surtout l’occasion de découvrir un artiste humble et attachant, à l’extrême opposé de l’image sombre et cynique qu’il véhicule sur les plateaux télé. À l’inverse, Émilie Simon tentera de briser son image de gentille petite chanteuse à la voix trop sage. Pour cela, elle pourra compter sur ses costumes de scène qui lui confèrent une allure d’androïde sur talons hauts : lors de ses concerts, coiffée de deux macarons géants à faire pâlir d’envie la Princesse Leia et revêtue d’habits cosmiques, elle ne se sépare jamais de son bras magique grâce auquel elle trafique le son en direct. Elle jouera pour la première fois à Lyon son album The Big Machine, enregistré à New York, où elle vit aujourd’hui. Un disque très loin de son registre «chanson» habituel et bien plus pop que les précédents, avec des airs de Kate Bush et des synthés à la Kim Wilde.

Vampire Weekend et the National le mardi 13 juillet à 21h / 27€
The XX, the Irrepressibles et Arnaud Fleurent-Didier le dimanche18 juillet à 20h30 / 28€
Émilie Simon, Benjamin Biolay et Angil and the Hiddentracks le jeudi 22 juillet à 20h30 / 30€
Les Nuits de Fourvière, jusqu’au 31 juillet aux Théâtres antiques de Fourvière, 1 rue Cléberg-Lyon 5 / 04.72.32.00.00

www.nuits-de-fourviere.org

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