101102_abdoucontacttptAprès l’Algérien Saïd en juin dernier, c’est au tour du Sénégalais Abdou N., un homosexuel vivant à Grenoble, d’être aujourd’hui menacé d’expulsion vers son pays d’origine. Abdou participe depuis quelques mois aux activités des associations À Jeu Égal et Rando’s Rhône-Alpes, toutes deux parties prenantes du Collectif Interassociations Gay et Lesbiennes (CIGALE). Aujourd’hui, ses camarades grenoblois se mobilisent pour empêcher son expulsion. Au Sénégal, les relations homosexuelles (désignées par l’article 319 du Code pénal comme des «actes[s] impudiques ou contrenature avec un individu de son sexe») sont punies d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende variant entre 100 000 et 1 500 000 francs CFA (de 150 à 2 300€ environ). L’homophobie est tout aussi prégnante dans la société sénégalaise : selon un sondage américain publié il y a trois ans, 97% des Sénégalais jugent que l’homosexualité «devrait être rejetée». Les défenseurs d’Abdou mettent en avant l’article 14 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 selon lequel «devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays». Arrêté en octobre, Abdou est resté quelques jours dans un centre de rétention administratif avant d’être libéré à la fin du mois par le juge des libertés et de la détention. Mais sa demande de régularisation a été rejetée par l’Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) et il peut donc être expulsé à tout moment.

 

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