101226_11slectionlivreimLa Meilleure Part des hommes, fresque déjantée et instructive sur les années sida et le volte-face des intellectuels français parue en 2008, sort ce mois-ci en poche.

 

Ce premier roman décrit une période décisive pour les homosexuels de l’Hexagone. Dans les années 80, le sida fait son apparition et la communauté gay se divise entre les pro-bareback et les apôtres de la prévention. Deux hommes incarnent cette rupture : Guillaume Dustan et Didier Lestrade. Tristan Garcia dessine leurs portraits croisés à travers les personnages de Dominique Rossi et de Willie, deux anciens amants en guerre ouverte. Leur affrontement est aussi celui d’une génération, dont l’émancipation explose en vol avec l’apparition des premiers symptômes du VIH, dont le terrible sarcome de Kaposi. La description de ces années sida peut faire penser au film Les Témoins d’André Téchiné ou au documentaire Bleu Blanc Rose d’Yves Jeuland. Tristan Garcia apporte en plus son regard éloigné de philosophe à la compréhension de cette période, au moyen d’une écriture énergique («les années quatre-vingt furent horribles pour toute forme d’esprit ou de culture, exception faite des médias télévisuels, du libéralisme économique et de l’homosexualité occidentale»). Il s’intéresse également à l’émergence d’un nouveau type structurant de pensée conservatrice en France. Le personnage le plus intéressant de La Meilleure Part des hommes est d’ailleurs sans doute celui de Leibowitz, figure de l’intellectuel passé des idées de gauche à la critique du multiculturalisme et des dérives de l’antiracisme.

 

La Meilleure part des hommes, Tristan Garcia (éditions Folio-Gallimard)

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